Distribution des contenus audiovisuels

Au Canada

Les revenus reliés aux activités de distribution de radiodiffusion1 ont atteint un sommet en 2014. Ils ont diminué de 4,4 % depuis. En 2017, ils représentent 8,5 milliards de dollars. C’est 4 milliards de plus qu’en 2003. Près de 90 % de ces entrées de fonds proviennent des frais d’abonnement et de ce que les utilisateurs déboursent pour regarder des émissions à la carte. Une portion importante de ces sommes est redirigée vers les services spécialisés qui détiennent les droits sur ces productions. Une bonne partie de ces canaux appartiennent aux principaux distributeurs que sont BCE, Shaw et Vidéotron. Une autre tranche de 10 % des recettes est attribuable à la location de décodeurs.

TABLEAU 1 : Évolution des revenus des systèmes de distribution de radiodiffusion au Canada
 selon leur mode de diffusion

Source : Différentes éditions de Rapport de surveillance des communications du CRTC. Depuis le 1er septembre 2013, il n’y a plus d’entreprise de SDM (système de distribution multipoint) en activité.

 

En 2017, les activités du secteur de la distribution par câble génèrent des revenus de 4,6 milliards de dollars, comparativement à 3,3 milliards en 2003, une hausse de 39 %. Il s’agit toutefois d’une diminution de 18 % sur le sommet de 5,6 milliards enregistré en 2011. Les revenus des services de radiodiffusion directe par satellite suivent une tendance similaire, ayant baissé de 20 % depuis le summum de 2,5 milliards de dollars de 2011. À 2 milliards, ils restent beaucoup plus élevés que ceux de 1,2 milliard encaissés en 2003. Ces dernières années, le seul secteur qui voit ses recettes croitre est celui de la distribution par protocole Internet (IPTV). Elles atteignent également 2 milliards de dollars en 2017, soit plus du double de ce qu’elles étaient en 2013.

Les dépenses de ces entreprises qui totalisent 7 milliards comprennent notamment les sommes qu’elles doivent remettre aux propriétaires de services spécialisés auxquels leurs clients sont abonnés et celles qu’elles doivent consacrer à la production d’émissions canadiennes en vertu de diverses obligations qui leur sont imposées par le CRTC. Cela représente 2 milliards 940 millions dans le premier cas et 412 millions dans le second. Ce dernier montant se divise à raison de 206 millions pour le Fonds des médias du Canada, 149 pour l’expression locale (canaux communautaires) et 57 pour des fonds indépendants. 

En 2016, les revenus mensuels par abonné s’élèvent 65,08 $ si l’on considère l’ensemble des services2. Il s’agit d’une légère baisse de 0,7 % par rapport à l’année 2015. Sur la période s’étendant de 2012 à 2016, ces revenus se sont accrus de 4,6 %. Les clients qui ont choisi le satellite paient le plus, soit 78,22 $ par mois en moyenne. Les abonnés du câble versent le moins, soit 60,69 $, et ceux de l’IPTV déboursent 64,52 $ pour ce service.

Ces activités rapportent d’importants bénéfices d’exploitation. En 2017, celui de l’ensemble des entreprises de distribution atteint 1,6 milliard. Cela représente un taux de rendement de 18 % (avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement). Ces résultats sont cependant en baisse depuis 2012 : le surplus totalisait alors 2 milliards de dollars, pour une marge de profit de 23 %.

TABLEAU 2 : Évolution de la marge de BAIIDA générée par les activités de distribution des services de radiodiffusion selon le mode au Canada (%)

Source : Rapport de surveillance des communications 2017 du CRTC.La marge de BAIIDA désigne la marge bénéficiaire avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement.Depuis le ler septembre 2013, il n’y a plus d’entreprise de SDM (système de distribution multipoint) en activité.

Les compagnies utilisant le satellite affichent les meilleurs rendements. Ils se maintiennent autour de 30 % ces cinq dernières années et représentent 550 millions de dollars en 2017. Celui des entreprises par câble est à son plus bas à 18 % (856 millions de dollars). Il avoisinait 27 % en 2012. Pour leur part, les services d’IPTV ont trouvé le chemin de la rentabilité. Ils déclarent un profit pour la toute première fois. Celui-ci se monte à 152 millions en 2017, ce qui correspond à un taux de 8 %. Cet indicateur pointait à -43 % en 2012.

De leur côté, les revenus d’abonnement et d’achats à l’unité des services (numériques) de vidéo en ligne3 atteindraient un peu moins de 1,5 milliard de dollars selon le cabinet d’experts OVUM cité dans l’édition 2017 du Rapport de surveillance des communications du CRTC. Ceux qui se financent par des abonnements comme Club Illico, Crave et Netflix raflent 1,1 milliard, et ceux qui optent pour facturer à l’unité tels iTunes touchent 400 millions.

Au Québec

Puisqu’il est impossible de segmenter les données relatives aux services par satellite en fonction des provinces, les informations disponibles pour le Québec se limitent aux entreprises de câblodistribution et d’IPTV. Entre 2002 et 2017, les revenus de ces services ont plus que doublé (225 %) pour atteindre 1,6 milliard de dollars pendant que les dépenses croissaient de 28 %. Celles-ci incluent une somme de 76,2 millions de dollars consacrée à soutenir la production d’émissions canadiennes et qui se répartit ainsi : 36,6 millions sont dédiés à l’expression locale, 32,4 millions au Fonds des médias du Canada et 7,2 millions à des fonds indépendants.

TABLEAU 3 : Évolution des revenus et des dépenses des systèmes de câblodistribution et de distribution par protocole Internet au Québec

Source : CRTC, Diverses éditions de Distribution de radiodiffusion, relevés statistiques et financiers.

 

Pour leur part, les marges bénéficiaires sont bien inférieures à ce qu’elles étaient au début des années 2000 alors que la concurrence entre les divers types de services était moins vive. Elle se situe maintenant en deçà de 9 %. C’est moins qu’à l’échelle canadienne, où elle pointe à 15 %. Les entreprises de câblodistribution et d’IPTV ont encaissé un bénéfice de 142 millions au Québec en 2017.

TABLEAU 4 : Évolution de la marge de BAIIDA générée par les activités de distribution de services de radiodiffusion des systèmes de câblodistribution et de distribution par protocole Internet au Québec

Source : CRTC, Diverses éditions de Distribution de radiodiffusion, relevés statistiques et financiers.

Mise à jour : décembre 2018

[1] Les entreprises de distribution sont actives dans d’autres domaines qui ne sont pas pris en compte ici, notamment l’accès à Internet et la téléphonie par Internet.

[2] Il s’agit de la donnée la plus récente qui soit disponible.

[3] Ces services sont proposés par les entreprises de distribution de radiodiffusion elles-mêmes, mais également par les Netflix, iTunes, YouTube et autres services en ligne du même genre, dont l’offre est de plus en plus abondante.