Presse hebdomadaire

Puisqu’une grande partie des journaux hebdomadaires locaux ont renoncé aux abonnements et aux ventes en kiosque, les recettes publicitaires constituent, de loin, la principale source de revenus de ce secteur (93 %). Ces revenus ont atteint 119 millions au Québec en 20171, comparativement à 204 millions en 2012. Il s’agit d’une perte de 42 % en cinq ans. Or, pour la période allant de 2012 à 2017, l’Indice des prix à la consommation (IPC) s’est accru de 5 % et le produit intérieur brut (PIB) de 8 %. Depuis 2003, le PIB a augmenté de 25 % et l’indice des prix à la consommation (IPC) de 27 %2, pendant que les annonceurs dépensaient 31 % de moins dans ces publications.

TABLEAU 1 : Revenus publicitaires des hebdomadaires au Québec

Source : Compilation réalisée par le CEM à partir de données de Statistique Canada et de Médias d’Info Canada.

Au Québec, les hebdomadaires arrivent au cinquième rang dans la faveur des annonceurs en 2017, derrière les plateformes numériques non médiatiques, la télévision, la radio et les quotidiens. Ils devancent les magazines. Les hebdomadaires régionaux recueillent 5 % de l’ensemble des budgets publicitaires en 2017, comparativement à 9 % en 2012.

Selon Médias d’Info Canada, les hebdomadaires canadiens tirent 94 % de leurs revenus publicitaires des imprimés3. Ces publications ne réussissent donc pas à remplacer sur le web les importantes baisses de revenus de leurs versions papier. 

La majeure partie de ces revenus (68 %) proviennent des annonceurs locaux. Les encarts4 en représentent 24 % et les annonceurs nationaux 8 %.

Quant aux revenus provenant des lecteurs, ils ne pèsent pas lourds : seulement 2,6 millions en 2016 pour le Québec. Ils atteignaient 8 millions en 20035.

En ce qui a trait à la marge bénéficiaire, la donnée concerne différents types de journaux, soit les quotidiens et ce que Statistique Canada appelle « les journaux communautaires généraux et spécialisés »6. Au Québec, cette marge est négative à -0,1 % en 2016, alors qu’elle s’élevait à 3,5 % en 2014, à 14,4 % en 2010 et à 17,5 % en 2000.

TABLEAU 2 : Évolution de la marge bénéficiaire d’exploitation des journaux (quotidiens et hebdomadaires) au Québec de 1999 à 2016

Source : Statistique Canada (Enquête annuelle sur les industries de services : Éditeurs de journaux). Depuis 2010, Statistique Canada ne mène cette enquête que les années paires.

De leur côté, les journaux canadiens ont dégagé un profit de 5,6 % en 2016. La tendance baissière se manifeste clairement depuis 2012.

TABLEAU 3 : Évolution de la marge bénéficiaire d’exploitation des journaux (quotidiens et hebdomadaires) au Canada de 1999 à 2016

Source : Statistique Canada (Enquête annuelle sur les industries de services : Éditeurs de journaux). Depuis 2010, Statistique Canada ne mène cette enquête que les années paires.

Mise à jour : janvier 2019.

Notes

[1] Nous utilisons les données canadiennes publiées par Think TV et provenant de Médias d’Info Canada. Cette source ne rapporte aucun résultat sur une base provinciale. Statistique Canada a fourni de telles données au Centre d’études sur les médias, mais pour un groupe de publications plus large que celui que nous voulons analyser. Ce groupe comprend en effet d’autres titres régionaux dont les parutions sont plus espacées ainsi que les journaux universitaires, ethniques et religieux. Nous pensons que la portion revenant au Québec est similaire dans l’un et l’autre cas. Le rapport Québec/Canada découlant des enquêtes de l’agence fédérale a été appliqué aux données provenant de Médias d’Info Canada.

[2]Institut de la statistique du Québec, « Comptes économiques des revenus et dépenses du Québec, édition 2017 », décembre 2017. ↑stat.gouv.qc.ca/statistiques/economie/comptes-economiques/comptes-revenus-depenses/comptes-revenus-depenses-2018.pdf

Indice d’ensemble des prix à la consommation.

http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/economie/ipcgouva.htm

[3] Cette information n’est pas disponible pour le Québec.

[4] On ne sait s’ils ont été payés par des annonceurs locaux ou nationaux.

[5] Données provenant de Statistique Canada.

[6] Voir note 1.