Télévision

Un plus grand choix de canaux a permis à la télévision diffusée et distribuée selon les modes traditionnels de gagner en popularité auprès des Québécois de langue française jusqu’en 2011, mais l’écoute décline depuis, manifestement en raison de l’arrivée des services en ligne de type Netflix, YouTube, Club Illico et Tout.tv.

TABLEAU 1 : Évolution de l’écoute hebdomadaire de la télévision au Québec francophone (à l’exclusion d’Internet)

Source : Données BBM puis Numeris selon la méthode de l’audimétrie; période de 15 semaines au printemps. À partir du Guide Média d’Infopresse, éditions 2009 et 2017, ainsi que d’Infopresse 2018.

En 2017, les Québécois consacrent 32 heures par semaine à la télévision traditionnelle, soit une heure de moins qu’en 2016 et trois heures de moins qu’en 2011. En comparant 2017 à 2011, on constate que l’écoute a diminué chez tous les groupes à l’exception des 65 ans et plus, pour lesquels elle a augmenté (+ 3 heures). La baisse est particulièrement marquée chez les 12-17 ans (- 9 heures par semaine), les 18-24 (- 8 heures) et les 35-49 ans (- 7 heures). L’écoute a également diminué de 5 heures chez les 25-34 ans, de 4 heures chez les jeunes enfants (2 à 11 ans) et de 3 heures chez les 50-64 ans. Le temps passé devant le petit écran oscille entre 19 et 22 heures jusqu’au groupe des 35-49 ans inclusivement, pour ensuite augmenter avec l’âge. Les personnes de 50 ans et plus écoutent bien davantage la télévision que les plus jeunes. Cela dit, le visionnement de contenus télévisuels par Internet, une pratique maintenant largement répandue, n’est pas comptabilisée dans ces données. Selon l’Observateur des technologies médias (OTM), elle représente 3,4 heures par semaine en 2017 à l’échelle des adultes canadiens de 18 ans et +, comparativement à 3,1 heures en 2016 et à 0,5 heure en 2009 et 2010.

Voyons un peu plus en détails la popularité du visionnement en ligne de divers types de vidéos.

TABLEAU 2 : Pourcentage des Canadiens qui ont visionné des vidéos en ligne au cours du dernier mois, par langue, en 2017

Source : CRTC, Rapport de surveillance des communications 2018.

Sur une base mensuelle (dernier mois) les Canadiens de langue anglaise sont proportionnellement plus nombreux que ceux de langue française à regarder des vidéos sur Internet, qu’il s’agisse de films, d’une émission de télévision de 30 ou 60 minutes, de nouvelles, d’une émission de télévision, d’une vidéo sur la plateforme YouTube ou sur tout type de plateforme. Cependant, plus la catégorie vise un large spectre de pratiques, plus l’écart s’amenuise. Ainsi, si 35 % des francophones écoutent des films en ligne comparativement à 46 % des anglophones, pour un écart de 9 points, celui-ci se réduit à 3 points pour le visionnement de n’importe quel type de vidéo en ligne.

Certains ne regardent la télévision qu’en ligne. On en trouve 10 % au Canada anglais et 6 % au Canada français. On remarque une certaine stagnation chez les anglophones alors que ces adeptes seraient toujours en croissance chez les francophones. Sans grande surprise, les 18-34 ans sont proportionnellement beaucoup plus nombreux (18 % à l’échelle canadienne) à s’en tenir à un tel mode de consommation télévisuelle.

TABLEAU 3 : Proportion de Canadiens qui regardent la télévision uniquement en ligne, 18 ans et +, de 2013 à 2017

Source : Données de l’Observatoire des technologies médias rapportées dans le Rapport de surveillance des communications 2018 du CRTC.

Revenons à l’écoute de la télévision selon le mode traditionnel. Les Québécois francophones sont très fidèles aux émissions que leur proposent les réseaux de langue française. Ils leur accordent 93 % de leurs heures d’écoute. Les réseaux canadiens de langue anglaise ont moins de succès auprès du reste de la population canadienne, obtenant 85 % de leur écoute, et cela en raison, principalement, du temps que la population anglophone réserve aux réseaux américains (13 %).

Par ailleurs, le plus grand choix de canaux a entrainé un morcèlement croissant de l’écoute. La part de l’ensemble des services spécialisés et payants (Vrak TV, RDS, Séries +, LCN, Canal D, Super Écran et autres) auprès des téléspectateurs francophones du Québec, qui était de 30,8 % en 2005, se situe au-delà de 44 % depuis 2009, atteignant 47,2 % en 2017. Le réseau généraliste le plus populaire, TVA, obtient 24,4 % des parts cette même année, un résultat similaire à ceux obtenus depuis 2010. Radio-Canada occupe la deuxième place avec 14,3 %, ce qui se situe près de la moyenne obtenue ces dernières années. Ciblant essentiellement un public de jeunes adultes, V obtient 7 % des parts de marché pour 2017. Il s’agit de sa part la moins élevée depuis 2010. Finalement, Télé‑Québec récupère 3,5 % de l’écoute télévisuelle.

TABLEAU 4 : Évolution des parts d’écoute de la télévision chez les francophones du Québec*

*Aucune donnée disponible pour l’année 2016. Source : Données BBM puis Numeris selon la méthode de l’audimétrie; période de 15 semaines au printemps. Compilation à partir du Guide Média d’Infopresse, éditions 2006 à 2016, ainsi que d’Infopresse 2018.

Si les parts de marché de ces divers acteurs dans le marché francophone de Montréal sont voisines de celles de l’ensemble du Québec francophone, il en va autrement dans celui de Québec. Les services spécialisés y obtiennent de moins bons résultats, ce dont bénéficient TVA et Radio-Canada.

TABLEAU 5 : Évolution des parts d’écoute de la télévision dans le marché francophone de Montréal

Source : Données BBM puis Numeris selon la méthode de l’audimétrie; période de 15 semaines au printemps. Compilation à partir du Guide Média d’Infopresse, éditions 2006 à 2017, ainsi que d’Infopresse 2018.

 

TABLEAU 6 : Évolution des parts d’écoute de la télévision dans le marché de Québec

Source : Données BBM puis Numeris selon la méthode des cahiers d’écoute. Compilation à partir du Guide Média d’Infopresse, éditions 2006 à 2017, ainsi que d’Infopresse 2018.

Notons que la part globale de l’écoute attribuée aux services spécialisés et payants canadiens se répartit entre une centaine de services différents. La plupart d’entre eux recueillent donc une portion infime de l’écoute. Le plus prisé par les téléspectateurs francophones, le service d’information continue LCN, en obtient 4 %. Il est suivi du canal sportif RDS qui récolte 3,7 % de l’écoute, de Séries+, à 3,5 %, du service d’information continue RDI, à 2,9 %, de TVA Sports, à 2,6 %, de Super Écran, à 2,4 %, de Canal D, à 2,3 %, et de Canal Vie, à 2,1 %1. En 2016, selon les calculs du CRTC, les services spécialisés et payants de langue française et anglaise dans lesquels le groupe Bell Média détient une participation d’au moins 50 % totalisent 18 % de l’écoute des francophones du Québec. Ceux appartenant à Québecor recueillent 11,3 % de l’écoute. Les services spécialisés et payants du groupe Corus en récoltent 9,5 %, ceux de la SRC-CBC 5,1 % et les propriétés de Remstar 1,2 %2.

Attardons-nous maintenant à l’utilisation de la télévision pour s’informer. Les trois quarts des Canadiens de langue française ont écouté un bulletin de nouvelles ou d’autres émissions télévisées à cette fin au cours de la dernière semaine et la moitié identifie ce média comme leur principale source d’information3. Les chaines d’information continue sont désignées par un répondant sur cinq comme leur source principale, alors qu’un sur quatre a mentionné les chaines généralistes. Ces proportions étaient du même ordre lors de la première enquête en 2016. Que l’on soit un homme ou une femme ne change rien, alors que l’âge joue un grand rôle. La télévision est la source principale d’information pour environ 20 % des moins de 35 ans, comparativement à quelque 50 % pour les 35 ans et plus. Chez les moins de 35 ans, ce sont les médias sociaux qui arrivent au premier rang avec quelque 40 % des mentions.

L’enquête nous renseigne aussi sur la popularité des diverses sources télévisées utilisées au cours de la dernière semaine. Les chaines TVA/LCN et leurs pendants en ligne rejoignent 73 % des Canadiens francophones relativement à 61 % pour Radio-Canada/RDI. L’avantage de TVA/LCN est présent chez tous les groupes d’âge. Environ 10 % de l’ensemble des répondants ont mentionné TV5 ou CNN.

TABLEAU 7 : Proportion des Canadiens français qui écoutent les diverses sources télévisées d’information pendant une semaine donnée, 2018

* Portée totale des services tant en mode traditionnel qu’en ligne. Source : Enquête 2018 du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias.

C’est surtout en utilisant un appareil de télévision plutôt qu’Internet qu’on s’informe par ce type de services. Un peu plus du quart des répondants qui ont mentionné TVA/LCN ou Radio-Canada/RDI ont eu recours à leurs sites ou applications, soit en exclusivité, soit en combinaison avec le petit écran. Les moins de 35 ans sont plus nombreux que leurs ainés à recourir uniquement aux services en ligne, alors que chez ceux qui emploient l’une et l’autre des techniques, on ne remarque pas de différence entre les deux groupes.

TABLEAU 8 : Proportion des Canadiens français qui écoutent les diverses sources télévisées d’information pendant une semaine donnée, selon le mode utilisé, 2018*

Source : Enquête 2018 du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias.

Mise à jour : avril 2019

[1]. Source : Données Numeris selon la méthode de l’audimétrie, période du 1er septembre 2016 au 30 avril 2017, rapportées dans Infopresse 2018.
[2]. Source : CRTC, Rapport de surveillance 2017.
[3]. Source : Enquête 2018 du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias. Échantillon de 1010 francophones dont 96 % résident au Québec. Sondage en ligne auprès d’internautes ayant affirmé avoir eu accès aux nouvelles au cours du mois précédant.