Médias numériques

La vidéo en ligne

Le visionnement de vidéos par Internet est maintenant une pratique largement répandue. Un peu plus de huit Canadiens sur dix, qu’ils soient francophones ou anglophones, en regardent au moins une fois par mois. L’écoute de la télévision en ligne rejoint quelque 60 % des francophones et des anglophones. Le visionnement de films et celui d’émissions de télévision de 30 ou 60 minutes sont moins populaires : chez les francophones ils ne concernent que 35 % de la population dans le premier cas, et 48 % dans le second. Ici, les écarts entre les deux communautés linguistiques sont plus marqués. On remarque aussi une différence importante en ce qui concerne l’écoute de nouvelles : 37 % des francophones y ont eu recours au cours du dernier mois par rapport à 46 % chez l’autre groupe.

TABLEAU 1 :Pourcentage des Canadiens qui ont visionné des vidéos en ligne au cours du dernier mois, par langue, en 2017

Source : CRTC, Rapport de surveillance des communications 2018.

Selon l’Observateur des technologies médias (OTM), l’écoute de la télévision sur Internet représente 3,1 heures par semaine en 2017 à l’échelle des adultes canadiens de 18 ans et +, comparativement à 3,1 heure en 2016, à 2,4 heures en 2015 et à 0,5 heure en 2009 et 2010.

En 2018, un peu plus d’un foyer québécois sur deux (51 %) est abonné à un service de vidéo sur demande (VSD) en ligne. Il s’agit d’un gain de 3 % par rapport à 2017 et de 15 % depuis 2016.

TABLEAU 2 : Proportion de foyers québécois abonnés à un services de vidéo sur demande en ligne en 2018

Source : CRTC, Rapport de surveillance des communications 2018.

Netflix domine ce marché, suivi par le Club illico. Le premier rejoint 37 % des foyers et le second 16 %1.

TABLEAU 3 : Proportion de foyers québécois abonnés à des services de vidéo sur demande en ligne en 2018

L’avance de Netflix est nettement plus importante chez les moins de 35 ans. Ses abonnés sont presque 3 fois plus nombreux chez les 18-24 ans et 4 fois plus au sein des 25-34 ans.

TABLEAU 4 : Proportion de foyers québécois abonnés à un service de vidéo sur demande en ligne chez les jeunes de moins de 35 ans en 2018

Les francophones sont proportionnellement plus nombreux à être clients de Club Illico que les non-francophones à raison de 18 % chez les premiers et de 6 % chez les seconds.

L’audio en ligne

Les stations de radio diffusant en mode hertzien perdent des auditeurs au profit de services sur Internet. On peut dorénavant écouter un grand nombre de stations ou d’émissions en ligne, soit de manière continue, soit en sélectionnant des émissions proposées en fichier balado. Ces contenus ne sont pas nécessairement des productions nationales. Les Canadiens de 18 ans et plus consacrent de manière hebdomadaire 7,2 heures à l’écoute de services de diffusion audio en continu par Internet2. C’est 2 heures de plus qu’en 2016 et 3,1 heures de plus qu’en 2013. Cela fait en sorte que l’écoute totale de contenu audio est en hausse, en dépit d’une baisse de celle en mode hertzien.

TABLEAU 5 : Évolution de l’écoute de la radio en mode hertzien et de celle de l’écoute des services audio en continu de 2013 à 2017, Canadiens de 18 ans et +

Source : Données de Numeris (sondages d’automne par cahiers d’écoute) et de l’Observatoire des technologies médias, rapportées dans le Rapport de surveillance des communications 2018 du CRTC.

À l’échelle du Canada, un francophone sur 5 écoute la radio traditionnelle en ligne sur une base mensuelle. La proportion est similaire en ce qui concerne les balados, parmi lesquels on trouve bon nombre de productions qui ne sont pas diffusées en mode conventionnel. Ces pratiques sont plus populaires chez les anglophones. L’écart est de 2 points de pourcentage pour l’écoute en continu et de 10 points pour la baladodiffusion. Cette dernière pratique semble en progression alors qu’elle paraît avoir atteint un plateau en ce qui concerne l’écoute en continu des stations de radio. Québecor a d’ailleurs lancé une radio qui n’est accessible que par Internet. Qub propose des contenus originaux de même que des rediffusions d’émissions d’information du réseau télé TVA.

TABLEAU 6 : Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et + ayant écouté en continu la radio traditionnelle en ligne*, de 2010 à 2017

* Au cours du dernier mois.
Source : Données de l’Observatoire des technologies médias, rapportées dans diverses éditions du Rapport de surveillance des communications du CRTC.

 

TABLEAU 7 : Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et + ayant écouté de la baladodiffusion*, de 2010 à 2016

* Au cours du dernier mois. Les données pour l’année 2017 ne sont pas rapportées.
Source : Données de l’Observatoire des technologies médias, rapportées dans diverses éditions du Rapport de surveillance des communications du CRTC.

Les services musicaux personnalisés tels Spotify, Amazon Music, Apple Music et autres Google Play Music accaparent aussi une partie du temps qui était auparavant consacré aux radios conventionnelles. La pratique a été adoptée par un Canadien sur trois, qu’il soit de langue française ou appartienne la communauté anglophone. Le recours à de tels services semble encore en progression.

TABLEAU 8 : Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et + ayant écouté des services sonores personnalisés*, de 2011 à 2017

* Au cours du dernier mois.
Source : Données de l’Observatoire des technologies médias, rapportées dans diverses éditions du Rapport de surveillance des communications du CRTC.

Enfin, la radio par satellite fait pareillement concurrence aux services conventionnels. Un francophone sur dix y est abonné. C’est le double chez les anglophones. Ces proportions sont plutôt stables depuis quelques années.

TABLEAU 9 : Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et + abonnés à la radio par satellite, de 2010 à 2017

Source : Données de l’Observatoire des technologies médias, rapportées dans diverses éditions du Rapport de surveillance des communications du CRTC.

Presse quotidienne

Si, en 2017, l’imprimé était encore le vecteur utilisé par le plus grand nombre des lecteurs réguliers de 18 ans et plus dans l’ensemble du Québec ainsi que dans les marchés de Montréal et de Québec, les deux types de supports sont maintenant à égalité pour le Québec en entier, pendant que la lecture en ligne a dépassé celle en format papier dans la Métropole. Dans la Capitale nationale, l’imprimé a toujours quelques points d’avance. 

TABLEAU 10 : Répartition des lecteurs réguliers (lu hier en semaine) de quotidiens selon le support utilisé et les principaux marchés en 2017 et 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2017 et Q3 2018.

Dans les autres marchés, l’imprimé demeure le mode de lecture préféré, à l’exception d’Ottawa-Gatineau où le numérique a pris le dessus.

TABLEAU 11 : Répartition des lecteurs réguliers (lu hier en semaine) de quotidiens selon le support utilisé et les marchés en 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Contrairement à ce que l’on constate au Québec et à Montréal, l’imprimé domine encore largement à l’échelle du Canada et dans le marché de Toronto. Qui plus est, les pratiques des Torontois en ce domaine sont similaires à celles de l’ensemble des Canadiens. Au Québec, Montréal et Ottawa-Gatineau sont plus « numériques » que les autres.

TABLEAU 12 : Répartition des lecteurs réguliers (lu hier en semaine) de quotidiens selon le support utilisé au Québec, au Canada, à Montréal et Toronto en 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Poursuivons avec les données québécoises. Les plus de 50 ans ont un comportement nettement différent des plus jeunes concernant le support auquel ils recourent. Quelque 40 % d’entre eux ne consultent que les éditions papier. On remarque l’inverse au sein des moins de 50 ans : 40 % n’utilisent que le numérique.

TABLEAU 13 : Répartition des lecteurs réguliers (lu hier en semaine) de quotidiens au Québec selon le support utilisé et les groupes d’âge en 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Le numérique a séduit de multiples adeptes en quelques années. Plus du tiers des lecteurs réguliers n’utilisent maintenant que l’ordinateur, la tablette ou le téléphone cellulaire pour s’y informer. Cette proportion a gagné trois points de pourcentage depuis 2016. Le graphique qui suit montre cependant que ce quasi-statuquo d’ensemble cache des différences selon les groupes d’âge : l’emploi exclusif du numérique s’est accru au sein des 35 ans et plus, tandis qu’il semble avoir atteint un plateau chez les plus jeunes. La croissance de la lecture strictement numérique est donc attribuable à la propagation d’un tel comportement parmi les personnes de 35 ans et plus qui représentent près de 75 % de la population.

TABLEAU 14 : Proportion de lecteurs réguliers (lu hier en semaine) de quotidiens au Québec qui n’utilisent que le numérique selon les groupes d’âge en 2016, 2017, 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2016, Q3 2017 et Q3 2018.

Poursuivons la comparaison amorcée plus tôt entre Montréal et Toronto, cette fois au regard de la popularité du numérique. Les habitudes d’un bon nombre de Torontois ont grandement changé en une seule année. En 2017, 49 % d’entre eux privilégiaient l’usage exclusif de l’imprimé3. Cette proportion a chuté de 8 points de pourcentage. Le papier dominait au sein de toutes les tranches d’âge. Aujourd’hui, le numérique le surpasse de plusieurs points chez les moins de 50 ans. C’est le très grand attrait qu’exerce encore le papier chez les 50 ans et plus, combiné à leur importance démographique, qui fait en sorte que, pour l’ensemble des résidents de la Ville-Reine, l’imprimé a encore 7 points d’avance sur le nouveau mode de consommation. Dans la Métropole, le numérique dépasse maintenant l’imprimé par 4 points de pourcentage. L’écart était le même en 2017, mais à l’avantage du papier. Les pratiques sont aujourd’hui similaires dans les deux principaux marchés canadiens chez les 25-34 ans et les 35-49 ans. Les différences les plus marquées concernent les 50 ans et plus. À Montréal, la nouvelle façon de faire a charmé, proportionnellement, plus d’adeptes qu’à Toronto. C’est d’ailleurs ce qui explique que ce mode l’emporte dans le marché montréalais considéré globalement, alors que ce n’est toujours pas le cas à Toronto.

TABLEAU 15 : Répartition des lecteurs réguliers (lu hier en semaine) de quotidiens à Toronto et Montréal selon le support et les groupes d’âge en 2018

SUPPORT

TORONTO

MONTRÉAL

18 ans et plus

Imprimé exclusivement

41 %

33 %

Numérique exclusivement

34 %

37 %

Imprimé et numérique

25 %

30 %

18-24 ans

Imprimé exclusivement

31 %

36 %

Numérique exclusivement

39 %

34 %

Imprimé et numérique

31 %

31 %

25-34 ans

Imprimé exclusivement

28 %

21 %

Numérique exclusivement

45 %

49 %

Imprimé et numérique

27 %

31 %

35-49 ans

Imprimé exclusivement

32 %

29 %

Numérique exclusivement

44 %

42 %

Imprimé et numérique

25 %

30 %

50-64 ans

Imprimé exclusivement

47 %

41 %

Numérique exclusivement

29 %

35 %

Imprimé et numérique

24 %

25 %

65 ans et plus

Imprimé exclusivement

59 %

38 %

Numérique exclusivement

19 %

28 %

Imprimé et numérique

22 %

34 %

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Voyons maintenant ce qui se passe au regard des principaux titres du Québec. La mesure illustrée au graphique qui suit est différente de celle que nous avons utilisée précédemment. Il s’agit cette fois de la portée des éditions numériques (en exclusivité ou en combinaison avec l’imprimé) au cours d’une semaine donnée (7 jours)4. Tous les lecteurs de La Presse référaient aux éditions numériques en 2018. Ce n’est pas une surprise, sachant que l’entreprise a cessé de publier en papier. En 2017, seule l’édition du samedi bénéficiait d’une telle distribution. Les lecteurs du Devoir sont aussi plus nombreux à consulter les éditions numériques, à hauteur d’environ 60 %. Pour Le Journal de Montréal, The Montreal Gazette, Le Journal de Québec et Le Soleil, un peu moins d’un lecteur sur deux les consomme. Finalement, si les gratuits 24 h et Métro se sont développés grâce à un accès facile à leurs exemplaires imprimés, près de 20 % de leur auditoire respectif ont tout de même recours aux nouveaux supports.

Les variations observées entre les données de 2017 et celles de 2018 ne sont statistiquement significatives que pour La Presse (disparition totale du papier) et les deux quotidiens de Québec. Alors que Le Soleil avait 9 points d’avance sur son rival en 2017, les deux titres se trouvent maintenant à égalité.

TABLEAU 16 : Proportion de lecteurs des principaux quotidiens qui consultent les éditions numériques en 2017 et 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2017 et Q3 2018.

En ce qui concerne les publications régionales, elles sont pareillement consultées par un peu moins d’un lecteur sur deux. L’apparente progression qui serait survenue au Quotidien relève vraisemblablement d’un manque de représentativité de l’échantillon constitué en 2017, puisque les résultats de l’enquête de 2016 indiquaient que 46 % de ses lecteurs avaient utilisé une édition numérique pendant la semaine.

TABLEAU 17 : Proportion de lecteurs des quotidiens régionaux qui consultent les éditions numériques en 2017 et 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2017 et Q3 2018.

Les deux graphiques suivants rendent compte de ces personnes qui ne lisent un quotidien qu’en version numérique. Seuls deux journaux, La Presse et Le Devoir, montrent des proportions de lecteurs exclusivement numériques supérieures à la moyenne québécoise. Les 24 h et Métro, conçus pour être lus dans les transports publics, sont ceux dont l’auditoire est le moins entiché par une telle option (5 %). Chez les autres principaux quotidiens ainsi qu’au Droit, les proportions oscillent entre 22 et 28 %. Elles sont plus faibles pour les titres desservant des marchés de plus petite taille, soit entre 12 et 19 %.

TABLEAU 18 : Proportion de lecteurs des principaux quotidiens qui consultent exclusivement les éditions numériques en 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

TABLEAU 19  : Proportion de lecteurs des quotidiens régionaux qui consultent exclusivement les éditions numériques en 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

  On peut utiliser un ordinateur, une tablette, un téléphone intelligent ou un autre type d’appareils connectés (montre, téléviseur, etc.) pour accéder aux contenus des journaux. Les deux graphiques qui suivent illustrent la popularité de ces différents outils. Le premier compare les usages au Québec versus le Canada, ainsi qu’à Montréal et Québec versus Toronto. Toutes proportions gardées, on dénombre plus d’utilisateurs d’ordinateurs et de téléphones intelligents et moins d’utilisateurs de tablettes au Canada qu’au Québec. Les mêmes observations s’appliquent pour Toronto par rapport à Montréal et à la RMR de Québec. Par ailleurs, les pratiques des résidents de la Métropole et ceux de la Capitale nationale sont similaires à celles de l’ensemble du Québec. De manière générale (donc chez les 18 ans et +), au Québec, l’ordinateur devance le téléphone intelligent (6 points de pourcentage) et la tablette (11 points).

TABLEAU 20 : Proportion de lecteurs numériques de quotidiens au Québec et au Canada selon le mode d’accès, ensemble de la semaine, 18 ans et +, 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Avant toute analyse reposant sur l’âge, il faut rappeler que la possession d’une tablette ou d’un téléphone intelligent varie grandement en fonction de cette variable. Les plus jeunes sont plus nombreux à détenir un téléphone et moins nombreux à avoir une tablette. C’est le contraire chez les plus vieux. Pour consulter un quotidien, les moins de 50 ans privilégient le téléphone intelligent, puis l’ordinateur. La tablette arrive assez loin derrière. Pour leurs ainés, le téléphone arrive en troisième position. Ordinateur et tablette y ont le même nombre d’utilisateurs.

TABLEAU 21 : Proportion de lecteurs numériques de quotidiens au Québec selon le mode d’accès et les groupes d’âge en 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Qu’en est-il chez les principaux quotidiens québécois ? Les lecteurs de La Presse présentent un profil bien différent de ceux des autres titres. La tablette y est tout aussi répandue que l’ordinateur et le téléphone intelligent, alors qu’ailleurs elle reçoit bien moins d’intérêt. On ne peut qu’y voir l’attrait de l’application singulière développée pour La Presse +. Son utilisation dépasse par 20 points de pourcentage celle des applications des autres journaux montréalais. En contrepartie, l’ordinateur et le téléphone intelligent y comptent moins d’amateurs que chez les autres.

Pour les autres titres, ordinateur et téléphone sont relativement au coude-à-coude, à l’exclusion du Soleil pour lequel l’ordinateur a presque 20 points d’avance. Un autre facteur distingue ce journal de son rival de Québec. En effet, le téléphone intelligent est plus en vogue chez les lecteurs du Journal de Québec.

TABLEAU 22 : Proportion de lecteurs numériques des principaux quotidiens au Québec selon le mode d’accès en 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

L’ordre de popularité des appareils au sein des lecteurs des différents quotidiens régionaux est le même, à savoir l’ordinateur, le téléphone intelligent et la tablette. Il n’y a qu’au Nouvelliste où tablette et téléphone partagent le deuxième rang, en raison d’un engouement moins grand pour ce dernier.

TABLEAU 23 : Proportion de lecteurs numériques des quotidiens régionaux au Québec selon le mode d’accès en 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Pour s’informer

Une enquête menée annuellement depuis 2016 par le Reuters Institute for the study of journalism et le Centre d’études sur les médias porte notamment sur les sources utilisées par les Canadiens pour s’informer. Un échantillon représentatif des francophones et composé à 95 % de Québécois est interrogé lors de ces enquêtes5. On demande aux répondants d’identifier parmi un ensemble de types de sources lesquelles ils ont utilisées lors de la dernière semaine (plusieurs mentions possibles) pour les nouvelles, et laquelle parmi celles-ci est leur source principale. Les choix de réponses couvrent les modes traditionnels et en ligne des journaux, magazines, stations de radio et réseaux de télévision, de même que les réseaux sociaux et les blogues. Cela permet de regrouper les personnes qui fréquentent les médias traditionnels et celles qui ont recours à des sources en ligne.

La figure qui suit fait état des sources employées lors d’une semaine donnée par les Canadiens de langue française et par ceux de langue anglaise. On remarque d’abord que les supports en ligne sont, de manière générale, un peu moins utilisés par les francophones que les traditionnels, pendant qu’un tel écart n’existe plus pour la communauté anglophone. La réalité est tout autre en ce qui concerne la source principale (figure suivante), alors qu’un plus grand nombre choisissent des supports traditionnels, et ce chez les deux groupes. Cependant, l’attrait pour les supports numériques a augmenté de quelques points de pourcentage entre 2016 et 2018, alors qu’il est plutôt stable du côté des modes plus anciens. Quatre Canadiens de langue française sur dix désignent une source en ligne comme leur principal moyen de suivre l’actualité. La proportion est un peu plus élevée pour les personnes de langue anglaise.

TABLEAU 24 : Sources utilisées pour les nouvelles (la semaine dernière, en % des répondants), 2016 à 2018

Source : Enquêtes du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias.

 

TABLEAU 25 : Source principale utilisée pour les nouvelles (en % des répondants), 2016 à 2018

Source : Enquêtes du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias.

À partir d’ici, nous ne nous intéresserons qu’aux francophones qui, rappelons-le, sont presque tous des Québécois. La désignation d’un support traditionnel comme principale source croît avec l’âge alors que c’est l’inverse pour les supports en ligne. De fait, les premiers ne sont mentionnés que par 31 % des moins de 35 ans alors qu’ils le sont par 69 % des 35 ans et plus. C’est très exactement le contraire pour le numérique qui est retenu par 69 % des moins de 35 ans comparativement à 31 % par leurs ainés. Au fil des ans (2016 à 2018), les modes plus récents d’accès aux nouvelles s’imposent davantage comme source principale au sein des deux groupes : gain de 12 points de pourcentage pour les plus jeunes et de 5 points pour les plus vieux.

Par ailleurs, le sexe n’est pas un facteur discriminant.

TABLEAU 26 : Source principale utilisée pour les nouvelles par les Canadiens  français (en % des répondants), selon l’âge, 2018

Source : Enquêtes du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias.

Dans le monde d’internet quelles sont les sources les plus populaires ? Presque la moitié des répondants mentionnent les médias sociaux contre environ le tiers qui indiquent, soit les sites/applications des journaux, soit les sites/applications des stations de télévision ou de radio. Les magazines et les blogues sont retenus par moins de 10 % chacun. De manière globale, les sites/applications issus de médias traditionnels rejoignent 51 % des Canadiens de langue française alors que la combinaison « médias sociaux – blogues » en rallie 49 %.

TABLEAU 27 : Sources numériques utilisées pour les nouvelles par les Canadiens  français (la semaine dernière, en % des répondants), 2018

Source : Enquêtes du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias.

Quelle source désigne-t-on le plus souvent comme « principale » ? Si les médias sociaux l’emportent à nouveau, les sites web/applications des journaux devancent cette fois clairement les sites/applications des stations de télévision et de radio en obtenant deux fois plus de mentions. Notons que dans l’univers traditionnel, la télévision a le dessus par plusieurs longueurs sur les journaux.

Seuls les médias sociaux ont connu une variation significative depuis 2016. Ils ont gagné 5 points en 2 ans, passant de 12 à 17 %.

TABLEAU 28 : Source numérique principale utilisée pour les nouvelles par les Canadiens  français (en % des répondants), 2018

Source : Enquêtes du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias.

Les femmes sont nettement plus nombreuses que les hommes à désigner les médias sociaux comme leur principale source d’information. C’est le contraire en ce qui concerne les journaux en ligne.

TABLEAU 29 : Médias sociaux et journaux en ligne comme source principale utilisée pour les nouvelles par les Canadiens  français (en % des répondants), selon le sexe, 2018

Source : Enquêtes du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias.

Il y a un véritable engouement pour les médias sociaux chez les 18-24 ans : presque 60 % d’entre eux en font leur principale source d’information. Ils sont aussi privilégiés par 30 % des 25-34. Cela donne un taux combiné de 41 % pour les moins de 35 ans, comparativement à 11 % pour leurs ainés. Les premiers ne représentent toutefois que 22 % de la population.

On ne trouve pas de tels écarts pour ce qui est des sites/applications des journaux. La différence entre les 35 ans et plus et les plus jeunes n’est que de deux points de pourcentage : 13 % pour ces derniers par rapport à 11 % pour les plus vieux.  

TABLEAU 30 : Médias sociaux et journaux en ligne comme source principale utilisée pour les nouvelles par les Canadiens  français (en % des répondants), selon l’âge, 2018

Source : Enquêtes du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias.

Les participants étaient invités à indiquer à quelles marques ils avaient fait appel au cours de la dernière semaine pour accéder à des nouvelles. Au total, en considérant toutes les réponses, 51 % des Canadiens francophones ont utilisé une marque appartenant historiquement au monde de la radiodiffusion (télévision ou radio), 41 % à celui de l’imprimé (journaux ou magazines) et 47 % à des marques nées en ligne. Dans ce dernier cas, la plupart (35 % des répondants) n’ont identifié qu’une seule marque.

Le tableau qui suit dresse la liste des marques qui ont été mentionnées par plus de 5 % des personnes interrogées. Neuf de ces quatorze marques ont été créées hors ligne.

TABLEAU 31 : Marques utilisées pour accéder à des nouvelles en 2018

Marques

Proportion des répondants

TVA Nouvelles en ligne

31 %

Radio-Canada/RDI en ligne

27 %

MSN News

25%

La Presse en ligne

24 %

Journal de Montréal ou de Québec en ligne

20 %

Canoe.ca

10 %

Huffington Post

9%

Le Devoir en ligne

7 %

Une station de radio locale

7 %

Le Soleil ou un autre quotidien régional en ligne

6 %

l’Actualité en ligne

6 %

Votre hebdomadaire local ou régional en ligne

6 %

Sympatico.ca

6 %

Yahoo News

6%

Source : Enquêtes du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias.

Les trois dernières figures ont trait aux appareils utilisés pour s’informer en ligne, qu’il s’agisse de tous ceux que les participants ont utilisés au cours de la dernière semaine ou du principal appareil dont ils se sont servis. Dans l’un et l’autre cas, l’ordinateur a le haut du pavé, suivi, dans l’ordre, par le téléphone intelligent, la tablette et le téléviseur intelligent.

En 2018, l’ordinateur est l’appareil prédominant pour 5 personnes sur 10, le téléphone intelligent pour 2 sur 10, la tablette et le téléviseur intelligent pour 1 sur 10 chacun.

Des différences importantes apparaissent entre les groupes d’âge, particulièrement quant à l’ordinateur et le téléphone intelligent comme appareil qui a préséance. Les moins de 35 ans privilégient le téléphone, suivi de l’ordinateur. Chez les plus vieux, à l’inverse, l’ordinateur s’impose.

TABLEAU 32 : Appareil utilisé par les Canadiens français pour consulter les nouvelles en ligne ( la semaine dernière, en % des répondants), 2016 à 2018

Source : Enquêtes du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias.

 
TABLEAU 33 : Principal appareil utilisé par les Canadiens français pour consulter les nouvelles en ligne (en % des consommateurs de nouvelles en ligne*), 2016 à 2018

* Ils représentent 90 % des répondants.
Source : Enquêtes du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias.

TABLEAU 34 : Principal appareil utilisé par les Canadiens français pour consulter les nouvelles en ligne (en % des consommateurs de nouvelles en ligne*), selon l’âge, 2018

* Ils représentent 90 % des répondants.
Source : Enquêtes du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias.

Mise à jour : avril 2019

Notes

[1]. Source : CEFRIO, Portrait numérique des foyers québécois, NETendances 2018.

[2]. Cela inclut l’écoute en continu de stations de radio AM/FM.

[3]. Le Toronto Star a imité La Presse+ pour les mobiles, mais son application n’a pas suscité le même engouement que ce qui s’est produit à Montréal. Le journal de la Ville Reine est revenu à une application plus conventionnelle en juillet 2017.

[4]. Proportion de lecteurs qui ont consommé au moins une édition numérique pendant la période. La portion de l’enquête de Vividata ne questionne les répondants sur leur lecture en mode numérique d’un titre en particulier que pour l’ensemble d’une semaine donnée et non pour des jours précis.

[5]. Sondage mené auprès d’internautes de 18 ans et plus.