Radio

L’industrie de la radio se compose de stations commerciales, du service public de Radio-Canada, et de stations ayant un statut communautaire, autochtone ou de campus.

Radio commerciale

La publicité constitue presque l’unique source de revenus (98 %) des radios commerciales québécoises1. Elle a rapporté 284 millions dollars sur des entrées de fonds de 291 millions aux 1032 stations en activité en 2019. C’est moins qu’en 2010 (288 millions). Or, de 2011 à 2019, l’indice des prix à la consommation (IPC) a gagné 13,8 %3. Et depuis 2003, les revenus ont augmenté de 23,8 %, tandis que le produit intérieur brut du Québec (PIB) s’est accru de 28,3 %4 et l’IPC de 27,8 %.

1. Revenus de la radio commerciale au Québec

Sources : Statistique Canada, Industrie de la radiodiffusion et Tableau 22-10-005-01

La radio occupe le troisième rang dans la faveur des annonceurs après les plateformes numériques non médiatiques et la télévision. Elle obtient 11 % des budgets publicitaires, comparativement à 8 % pour les quotidiens qui se classent tout juste derrière au quatrième échelon. Elle devance les hebdomadaires et les magazines par une bonne longueur. Environ 60 % de ses revenus proviennent de marchands locaux.

Au cours de l’année 2019, les stations commerciales du Québec ont dépensé un peu moins de 100 millions de dollars pour la production de leurs émissions. La somme a diminué de 8 % au cours des 5 dernières années.

Ces stations affichent ces quatre dernières années les marges bénéficiaires les plus élevées (à une exception près, en 2010) depuis que nous compilons ces données, soit depuis une vingtaine d’années. Pour la troisième année consécutive, le taux de profit est de 21 % en 2019 et dépasse ainsi, pour la quatrième fois, celui de l’ensemble canadien. Depuis 2009, l’écart se réduisait. Ce taux est supérieur à Montréal. Il y atteint 24 %, par rapport à 20 % à Québec, 17 % dans le marché francophone d’Ottawa-Gatineau et 17 % en moyenne dans les autres marchés.

2. Marges bénéficiaires de la radio commerciale au Québec

Source : Diverses éditions de la publication du CRTC Radio privée commerciale, relevés statistiques et financiers et de la publication annuelle de Statistique Canada Industrie de la radiodiffusion.

Pendant la période 1997-2005, les marges bénéficiaires de la radio ont augmenté, à l’échelle du Canada, de manière très importante : depuis 2003, elles se situent généralement presque au double du pourcentage de l’année 1997. Après avoir atteint 19 % de 2014 à 2017, elles suivent une trajectoire baissière depuis deux ans.

3. Marges bénéficiaires de la radio commerciale au Canada

Source : Diverses éditions de la publication du CRTC Radio privée commerciale, relevés statistiques et financiers et de la publication annuelle de Statistique Canada Industrie de la radiodiffusion.

Radio publique

Les revenus ayant financé les activités des 64 stations (de langue anglaise et de langue française) de Radio-Canada à travers le pays ont atteint 326 millions en 2019. C’est la même somme que l’année précédente et 18 % de plus qu’en 2015. Il s’agit toutefois d’un montant similaire à celui de 2012 alors que le service public comptait 78 stations. Près de 97 % de cette somme (314 millions) provient des crédits parlementaires fédéraux. Leur variation explique essentiellement celle de l’ensemble des recettes. 

La société d’État consacre 101 millions à ses 13 stations au Québec. Il s’agit d’une bonification de 11 % par rapport à 2015. Celles-ci emploient 651 personnes, soit 5 de moins qu’en 2015.

Stations de radio autochtones, communautaires et de campus

On dénombre 226 stations de radio de ce type au Canada. Leurs revenus sont évalués à 77 millions : 19 millions pour les stations autochtones, 9 pour les stations religieuses, 38 pour les communautaires et 11 pour les stations de campus. La publicité représente 34 % des recettes totales, et les subventions publiques 14 %.

Services sonores diffusés par Internet

Les stations de radio traditionnelles font face à une concurrence de plus en plus vive des services audios par Internet, qui proposent surtout de la musique. Le cabinet Omdia évalue leurs recettes à 483 millions de dollars au Canada en 20195. Elles ont augmenté de 14  % en une année et ont plus que doublé depuis 2014. En 2019, les revenus de ce secteur correspondent à 27 % de ceux, combinés, des stations commerciales et de la SRC/CBC qui ont atteint un peu moins de 1,8 milliard de dollars.

L’industrie de l’audio par Internet évolue selon deux principaux modèles d’affaires : celui qui réclame des frais lors de chaque téléchargement à l’exemple d’iTunes, et celui des services en continu comme Spotify ou Apple Music qui diffusent des messages publicitaires ou exigent des frais d’abonnement. Ce second groupe reçoit 89 % des revenus de cette industrie. La situation était inversée en 2014 : les services par téléchargement amassaient à ce moment 83 % des recettes. Les Canadiens délaissent le téléchargement de contenu audio au profit de l’écoute en continu.

Mise à jour : mars 2021

Notes

[1] Radio-Canada ne peut présenter de publicité payée sur ses différentes stations de radio. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a autorisé de tels messages publicitaires sur les deux antennes musicales du service public, soit Ici Musique (de langue française) et Radio 2 (de langue anglaise), d’octobre 2013 à août 2016. Il s’agissait d’une première depuis 1974, qui rapportait environ un million de dollars par année, soit 0,4 % des revenus totaux de toutes les stations de radio du diffuseur.

[2] On en dénombrait 100 en l’an 2000.

[3] Bruno Verreault (2019). Comptes économiques des revenus et dépenses. Édition 2019, [En ligne], Québec, Institut de la statistique du Québec. http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/economie/comptes-economiques/comptes-revenus-depenses/comptes-revenus-depenses-2019.pdf.

[4] Indice des prix à la consommation : https://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/economie/ipc-mois-principaux.html#annee=2003&tri_region=15253

[5] Source : CRTC, Rapport de surveillance des communications 2020.