Radio

L’industrie de la radio se compose de stations commerciales, du service public de Radio-Canada, et de stations ayant un statut communautaire, autochtone ou de campus.

Radio commerciale

La publicité constitue presque l’unique source de revenus (97 %) des stations de radio commerciales québécoises1. Elle a rapporté 298 millions de dollars aux 1032 stations en activité en 2017. Les recettes provenant des annonceurs oscillent autour de 300 millions pendant que les revenus totaux sont de l’ordre de 310 millions depuis cinq ans. Or, de 2011 à 2017, l’indice des prix à la consommation (IPC) a gagné 7,1 %3. Et depuis 2003, les revenus ont augmenté de 31 %, tandis que le produit intérieur brut du Québec (PIB) s’est accru de 25 %4 et l’indice des prix à la consommation (IPC) de 27 %.

TABLEAU 1 : Revenus de la radio commerciale au Québec

Sources : Statistique Canada, Industrie de la radiodiffusion et Tableau 22-10-005-01

La radio occupe le troisième rang dans la faveur des annonceurs après les plateformes numériques non médiatiques et la télévision. Elle obtient 12 % des budgets publicitaires, comparativement à 11 % pour les quotidiens qui se classent tout juste derrière au quatrième échelon. Elle devance les hebdomadaires et les magazines par une bonne longueur. Environ 58 % de ses revenus proviennent de marchands locaux.

Au cours de l’année 2016, les stations commerciales du Québec ont dépensé un peu plus de 100 millions de dollars pour la production de leurs émissions.

Ces stations affichent ces quatre dernières années les marges bénéficiaires les plus élevées (à une exception près, en 2010) depuis que nous compilons ces données, soit depuis une vingtaine d’années. Le taux de profit atteint 21 % en 2017 et dépasse ainsi, pour la seconde année, celui de l’ensemble du marché canadien. Depuis 2009, l’écart se réduisait. 

TABLEAU 2 : Marges bénéficiaires de la radio commerciale au Québec

Source : Diverses éditions de la publication du CRTC Radio privée commerciale, relevés statistiques et financiers et de la publication annuelle de Statistique Canada Industrie de la radiodiffusion.

Pendant la période 1997-2005, les marges bénéficiaires de la radio ont augmenté, à l’échelle du Canada, de manière très importante : depuis 2003, elles se situent généralement presque au double du pourcentage de l’année 1997. Ces dernières années, elles oscillent autour de 19 %.

TABLEAU 3 : Marges bénéficiaires de la radio commerciale au Canada

Source : Diverses éditions de la publication du CRTC Radio privée commerciale, relevés statistiques et financiers et de la publication annuelle de Statistique Canada Industrie de la radiodiffusion.

Radio publique

Les revenus ayant servi à financer les activités des 67 stations (de langue anglaise et de langue française) de Radio-Canada à travers le pays ont atteint 291 millions en 2016. C’est 5 % de plus que l’année précédente, mais 10 % de moins qu’en 2012. Près de 97 % de cette somme (291 millions) provient des crédits parlementaires fédéraux. Les variations de ces crédits expliquent essentiellement celles de l’ensemble des recettes.

Stations de radio autochtones, communautaires et de campus

On dénombre 180 stations de radio de ce type au Canada. Leurs revenus sont évalués à 58 millions : 13 millions pour les stations autochtones, 35 pour les communautaires et 10 pour les stations de campus. La publicité représente 32 % des recettes totales du secteur autochtone, 47 % pour le secteur communautaire et 9 % pour les radios de campus.

Services sonores diffusés par Internet

Les stations de radio traditionnelles font face à une concurrence de plus en plus vive des services audios par Internet, qui proposent surtout de la musique. Le cabinet Ovum évalue leurs recettes à 383 millions de dollars au Canada en 20175. Elles ont augmenté de 26 % en une année et de 85 % depuis 2013. En 2017, les revenus de ce secteur correspondent à 26 % de ceux des stations de radio commerciales qui ont atteint 1,5 milliard de dollars. Ces derniers proviennent presque entièrement de la publicité et sont en baisse de 6 % par rapport à 2013.

L’industrie de l’audio par Internet évolue selon deux principaux modèles d’affaires : celui qui exige des consommateurs qu’ils paient des frais lors de chaque téléchargement à l’exemple d’iTunes, et celui des services en continu comme Spotify qui diffusent des messages publicitaires ou exigent des frais d’abonnement. Ce second groupe reçoit 72 % des revenus de cette industrie.

Mise à jour : mars 2019

Notes

[1] Radio-Canada ne peut présenter de publicité payée sur ses différentes stations de radio. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a autorisé de tels messages publicitaires sur les deux antennes musicales du service public, soit Ici Musique (de langue française) et Radio 2 (de langue anglaise), d’octobre 2013 à août 2016. Il s’agissait d’une première depuis 1974, qui rapportait environ un million de dollars par année, soit 0,4 % des revenus totaux de toutes les stations de radio du diffuseur.

[2] On en dénombrait 100 en l’an 2000.

[3] Institut de la statistique du Québec, Indice d’ensemble des prix à la consommation : http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/economie/ipcgouva.htm

[4] Institut de la statistique du Québec, « Comptes économiques des revenus et dépenses du Québec, édition 2017 », décembre 2017. stat.gouv.qc.ca/statistiques/economie/comptes-economiques/comptes-revenus-depenses/comptes-revenus-depenses-2017.pdf

[5] Source : CRTC, Rapport de surveillance des communications 2018.