Presse hebdomadaire

Le nombre de titres desservant chaque semaine en format papier un ensemble de villages, une petite ville ou un quartier d’une grande ville s’établit à 136 au printemps 2018, alors qu’il se situait à 168 au début de 2015 et autour de 200 en 2010. Cette forte baisse s’explique en premier par la fin des hostilités en 2014 entre TC Transcontinental et Québecor (voir section Propriété), qui se livraient une chaude lutte depuis quelques années dans un contexte déjà difficile pour la presse écrite sur le plan des revenus publicitaires. L’année 2014 a donc marqué la disparition de plusieurs hebdomadaires présents de longue date, tels Le Saint-Laurent Portage à Rivière-du-Loup, fondé en 1895, ou The Hudson Gazette, dont les origines remontaient à 1919. Puis, de 2015 à 2018, des titres ont cessé de paraitre dans un effort de rationalisation de plusieurs groupes, dont TC Transcontinental (qui a d’ailleurs quitté le secteur en vendant toutes ses propriétés). D’autres imprimés sont passés d’une parution hebdomadaire à bimensuelle ou mensuelle. Globalement, entre 2010 et 2017, le nombre d’exemplaires a chuté de 37 %. Dans plusieurs des cas, les disparus étaient en concurrence avec d’autres hebdomadaires desservant le même territoire. En parallèle apparaissent des publications locales ou régionales sur le web, sous la forme de portails susceptibles d’être mis à jour plus d’une fois par semaine (Estrieplus.com, EnBeauce.com) ou d’hebdomadaires numériques (Journal des Voisins, monlimoilou.com).

La presse hebdomadaire est actuellement largement gratuite au Québec, tant en regard du nombre de titres (90 %, sans compter les titres qui ne sont offerts qu’en ligne) que de la part des exemplaires totaux publiés (99 %). Ce qui est devenu la règle était pourtant l’exception en 1960 alors que seulement 23 % des journaux hebdomadaires optaient pour la gratuité. Cette tendance s’accentue constamment.

TABLEAU 1 : Tirage des hebdomadaires régionaux du Québec selon la langue et le type de publication

Source : Compilation du Centre d’études sur les médias. Titres en activité en mai 2018, données de tirage de 2017.

De fait, la croissance des tirages que le secteur dans son ensemble a connue depuis 1987 s’est faite essentiellement grâce aux hebdomadaires distribués gratuitement. Les propriétaires espèrent que cette large pénétration — les exemplaires sont distribués ou accessibles dans presque tous les foyers du territoire concerné par la publication — convaincra les annonceurs de préférer leurs journaux aux autres moyens publicitaires.

Seuls quelques hebdomadaires ayant une longue tradition se maintiennent à titre de journaux vendus. Les plus importants d’entre eux sont : L’Écho Abitibien, L’Écho de Frontenac (Lac-Mégantic), Le Canada Français (Saint-Jean-sur-Richelieu) et Le Courrier de Saint-Hyacinthe. Une assez grande proportion des foyers qu’ils desservent y sont abonnés, ce qui leur assure tout de même une bonne pénétration. Soulignons qu’après plus de 50 ans d’existence, Le Progrès‑Dimanche, vendu au Saguenay, a été remplacé par un cahier weekend du journal Le Quotidien.

Cette prédominance des gratuits est légèrement moins prononcée si l’on considère le Canada en entier. En effet, les données de la Community Newspaper Association, qui intègrent toutefois des journaux locaux ou régionaux à la périodicité plus espacée, situent à 3,8 % la part des vendus au pays en 2016.

Il va de soi que les hebdomadaires régionaux sont présents sur le web. Plusieurs y proposent des versions numériques de leurs éditions papier. Entre deux parutions, ils peuvent alimenter leurs sites de quelques nouvelles. L’association Hebdos Québec, qui réunit des titres indépendants ou appartenant à des groupes régionaux, a créé une application permettant à ses membres d’offrir chaque semaine des versions pour appareils mobiles de leurs éditions papier.