Magazines

Un peu moins des trois-quarts (73 %) des adultes québécois sont des lecteurs réguliers1 de magazines en 2020. La proportion est la même pour l’ensemble du Canada. Dans les deux cas, le lectorat a décliné depuis 2018 : de cinq points de pourcentage au Québec et de huit au Canada. Au Québec, cela équivaut à 5,2 millions de lecteurs, soit une baisse de 144 000 en deux années.

1. Proportion de lecteurs réguliers de magazines (lu au cours du dernier mois), Québec et Canada, 2018, 2019 et 2020

Source : Compilation du CEM à partir de Vividata, Hiver 2019, Hiver 2020 et Hiver 2021.

Pour avoir une vision de ce qui s’est passé antérieurement, voici les données tirées des enquêtes menées tous les cinq ans par le ministère de la Culture et des Communications sur les pratiques culturelles des Québécois de 1979 à 20142. Il ne faut pas comparer ces résultats avec ceux de Vividata, car les méthodologies utilisées diffèrent. On remarque une certaine stabilité pendant la période 1999-2014. C’est en 1994 que ce type de média attirait la plus grande proportion de lecteurs pendant ces quelques 35 années.

2. Proportion de lecteurs réguliers de magazines (lu au cours du dernier mois) au Québec de 1979 à 2014

Source : Graphique du CEM à partir des enquêtes sur les pratiques culturelles des Québécois du ministère de la Culture et des Communications.

Revenons à l’enquête de Vividata pour l’année 2020. Les Québécois francophones sont proportionnellement un peu plus nombreux à lire ce type de média que ceux de langue anglaise. La portée atteint 73 % chez les premiers contre 71 % pour les seconds.

L’âge n’est pas un facteur de différenciation sauf pour les 25-34 ans où la proportion de lecteurs est de quelque 3 points de pourcentage plus élevée qu’au sein des autres groupes. Par contre, le sexe est discriminant. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à parcourir au moins un titre (écart de 4 points).

3.Proportion de lecteurs réguliers des magazines (lus au cours du dernier mois) au Québec, en 2020

Source : Vividata Hiver 2020.

Le lectorat des magazines se situe autour de la moyenne dans les Régions métropolitaines de recensement de Montréal et Gatineau, au-dessus de la moyenne dans celle de Québec et en bas de celle-ci pour Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay considérées conjointement. Quant aux marchés de plus petite taille (moins de 100 000 personnes), la proportion de lecteurs y est légèrement inférieure.

4. Proportion de lecteurs réguliers de magazines (lu au cours du dernier mois) selon la taille des marchés, en % de la population, 2020

Source : Vividata Hiver 2020.

Autant au Québec qu’au Canada, la majorité des lecteurs de magazines utilisent, tantôt l’imprimé, tantôt le numérique. Ceux qui optent pour le papier exclusivement sont plus nombreux que ceux qui ne lisent qu’en ligne. Il n’y a pas de différence significative entre les deux marchés.

5. Répartition des lecteurs réguliers (lu au cours du dernier mois) de magazines selon le support utilisé, Québec et Canada, 2020
 

Pour ce qui est de l’appareil utilisé pour consommer du magazine en ligne, l’ordinateur l’emporte de quelques points de pourcentage sur le téléphone intelligent, à 46 % contre 42 %. La tablette suit à 38 %. Quelque 5 % choisissent un autre outil. Chez les personnes entièrement numériques, le téléphone a l’avantage sur l’ordinateur dans un rapport de 47 à 45. La tablette recueille 25 % des mentions.

Quoiqu’intéressantes, ces statistiques ne témoignent pas du gain ou de la perte de lecteurs de chacun des titres par plus que de l’industrie3. Nous allons donc nous pencher sur les données de Vividata portant sur les publications québécoises destinées au grand public et vendues en kiosque ou par abonnement.

Soulignons d’abord que depuis que nous suivons ces publications, en 2003, 19 ont cessé de paraitre et une autre, Les Affaires Plus, n’est désormais vendue qu’avec le journal hebdomadaire Les Affaires. Inversement, 8 magazines qui n’existaient pas en 2003 sont maintenant offerts.

Par ailleurs, treize des titres toujours actifs ne rétribuent plus Vividata pour la mesure de leur lectorat. Pour obtenir, malgré tout, un portrait de l’évolution de la popularité de l’ensemble de ceux qui sont actuellement publiés, nous avons constitué deux catégories. La première regroupe les onze magazines en activité dont le lectorat a été évalué en 2020. Ils ont rejoint 9,3 millions de lecteurs, soit 0,6 million de plus (7 %) qu’en 2003 et 1,1 million de plus (+ 13 %) qu’en 2015. Toutefois, ces bons résultats sont attribuables à 3 nouveaux venus qui rejoignent un public assez important, soit Ricardo, Véro et Urbania. En effet, les 8 autres accusent globalement une chute de 23 % sur l’ensemble de la période. Un seul d’entre eux, Bel Âge, a connu un essor, pendant que l’Actualité et Coup de Pouce se maintenaient, et que Clin d’œil, Les idées de ma maison, Elle Québec, Châtelaine et Sélection du Reader’s Digest régressaient dans des proportions variant de 29 à 68 %. Remarquons que pendant la période plus récente (de 2015 à 2020), l’Actualité, Clin d’œil, Coup de Pouce et Les idées de ma maison ont redressé leur situation.

La seconde catégorie comprend les 10 titres en activité dont le lectorat n’est pas évalué pour l’année 20204. En conséquence, notre suivi les concernant s’arrête à 2018, dernière année pour laquelle une société indépendante a estimé le nombre de leurs lecteurs. De 2003 à 2018, ces publications ont perdu 1,3 million de lecteurs (-30 %). La chute est de 66 % pour l’ensemble des 5 titres qui ont été publiés pendant toute la période, soit 7 Jours, TV Hebdo, Dernière Heure, Échos Vedettes et Cool.

6. Évolution du lectorat (papier et numérique) des magazines québécois depuis 2003

* Ce magazine n’est plus un titre autonome payant puisqu’il est offert avec l’abonnement au journal Les Affaires.                                                                    ** Lancés en 2008.                                                                                                     Source : Compilation du CEM à partir des enquêtes du Print Measurement Bureau (PMB) dont les résultats ont été publiés en 2003 et 2012 (auprès des personnes de 12 ans et plus) et de celles Q1 2017, Q3 2019, Q1 2020 et Q1 2021 de Vividata, qui remplace PMB. Les données publiées par PMB couvrent toujours deux années. Le « lectorat 2003 » traduit le nombre moyen de lecteurs en 2002 et 2003. Le « lectorat 2012 » traduit le nombre moyen de lecteurs en 2011 et 2012. De son côté, les enquêtes de Vividata ont été conduites auprès des personnes de 18 ans et plus selon les séquences suivantes : Q1 2017 d’avril 2016 à mars 2017 ; Q3 2019 d’octobre 2017 à septembre 2018 ; Q1 2020 de juillet à décembre 2018 (6 mois) et d’avril à septembre 2019 (6 mois) ; Q1 2021 d’octobre 2019 à septembre 2020.

De manière cumulée, les magazines québécois destinés au grand public faisant l’objet de l’enquête 2018 de Vividata rejoignent quelque 11,9 millions de lecteurs. Ceux de l’enquête de 2003 en comptaient 21,3 millions. La baisse atteint 44 %. Donc, même si plus de 70 % des Québécois déclarent avoir lu ou feuilleté au moins un numéro de ce type de produit au cours du dernier mois, l’industrie, elle, a souffert d’une importante perte de lecteurs. L’engouement pour Internet est sans doute l’une des causes du phénomène, puisque les usagers du Net y trouvent des contenus d’information ou de divertissement similaires à ceux de ces publications. Le tout y est souvent offert sans frais autres que ceux liés à l’accès au réseau et présente les avantages de l’interactivité.

Mise à jour : mai 2021

Notes
[1] Proportion d’adultes ayant lu ou feuilleté au moins une édition imprimée ou numérique d’un magazine au cours du dernier mois. Nous utilisons les données de Vividata fournies par Carat/Deep Blue qui ont trait aux périodes de 12 mois suivantes : Hiver 2021, octobre 2019 à septembre 2020 ; Hiver 2020, de juillet à décembre 2018 (6 mois) et d’avril à septembre 2019 (6 mois) ; Hiver 2019, d’octobre 2017 à septembre 2018. 

[2] Année la plus récente. Personnes de 15 ans et plus.

[3] Par exemple, un lecteur qui avait l’habitude de lire deux magazines en 2016 mais se limite maintenant à un seul ne fait pas varier d’un iota la portée de l’ensemble des titres même si sa consommation de ce type de produits a chuté de moitié.

[4] Parmi eux se trouvent les 6 magazines publiés chaque semaine par Québecor.