Distribution des contenus audiovisuels

Au Canada

D’un bout à l’autre du Canada, quelque 10,5 millions de foyers sont abonnés, en 2019, à un service de distribution de radiodiffusion, soit par câble, par satellite ou par protocole Internet (IPTV)1. Il s’agit d’une diminution de 2,6 % par rapport à 2018 et de 8,6 % depuis le sommet atteint en 2012 (une perte d’environ 995 000 abonnés). En 2018, quelque 73 % des foyers canadiens étaient abonnés à l’un ou l’autre de ces services. Cette proportion a diminué de 10 points de pourcentage depuis 20122. Certains ménages délaissent ces services et comblent leurs besoins grâce à des services (numériques) de vidéo en ligne proposés par les entreprises de distribution de radiodiffusion (EDR) elles-mêmes3, mais également par les Netflix, iTunes, YouTube et autres services en ligne du même genre, dont l’offre est de plus en plus abondante. De fait, en 2018, 66 % des anglophones et 59 % des francophones ont écouté une émission de télévision de 30 ou de 60 minutes en ligne au cours du mois précédant la récolte des données4. Chez les premiers, 16 % n’écoutent plus la télévision que de cette manière, comparativement à 8 % chez les seconds. Les revenus de ce secteur d’activités atteindraient près de 4,3 milliards de dollars selon le cabinet d’experts OVUM cité dans l’édition 2019 du Rapport de surveillance des communications du CRTC. Il ont cru au rythme moyen de 38 % par année au cours des cinq dernières années.

Un peu plus de la moitié (53 %) des ménages québécois sont abonnés à un service de vidéo sur demande4. La pénétration de tels services est nettement plus élevée chez les moins de 35 ans. À lui seul, Netflix en rejoint 40 %. Son principal concurrent au Québec, Club illico, entre dans 16 % des foyers. La pénétration de Netflix dépasse la moyenne chez les moins de 35 ans. Elle atteint 66 % pour les 18-24 ans et 57 % pour les 25-34 ans.

Les Canadiens de 18 ans et plus regardent la télévision traditionnelle pendant 26,2 heures par semaine, comparativement à 3,2 heures en ce qui concerne la télévision en ligne6. L’écoute de la télévision traditionnelle a régressé de 3,1 heures depuis 2013, alors que celle de la télévision par Internet a gagné 1,5 heure sur une base hebdomadaire. Quatorze pour cent des Canadiens ne regardent que la télévision en ligne : 16 % chez les anglophones et 8 % chez les francophones. Sans surprise, cette pratique est considérablement plus répandue chez les 18-34 ans où elle est adoptée par 30 % des Canadiens. À l’inverse, elle ne concerne que 6 % des 50-65 ans5.

Parmi les ménages qui demeurent clients des EDR, le câble reste l’option la plus répandue, avec 55 % des abonnés.

1. Évolution du nombre d’abonnés à un système de distribution au Canada selon le mode
Graphique Évolution du nombre d'abonnés à un système de distribution au Canada selon le mode

Depuis le ler septembre 2013, il n’y a plus d’entreprise de SDM (système de distribution multipoint) en activité.
Source : Différentes éditions de Rapport de surveillance des communications du CRTC.

Cette avance des câblodistributeurs s’amenuise toutefois d’année en année. En effet, en 2000, 88 % des clients choisissaient le câble, ce qui représente une baisse de 33 points en seize ans. Alors que les services par satellite de radiodiffusion, aussi appelés SRD, ont connu une certaine expansion jusqu’en 2010, où ils occupaient 25 % du marché, c’est maintenant une nouvelle venue, l’offre de télévision par protocole Internet, qui gruge des parts de marché. En 2019, la IPTV représente 28 % des abonnements (contre 4 % en 2010) pendant que les SRD se situent à 17 %.

Au Québec

Quelque 2,3 millions de foyers québécois sont abonnés à un service de câblodistribution ou de distribution par protocole Internet, principalement par le biais de Vidéotron, Cogeco et par l’offre de télévision par protocole Internet de Bell Fibe et Telus Télé Optik (on ne peut connaitre le nombre d’abonnés aux autres types de services de distribution pour la province, tout comme on ne peut décomposer cette donnée selon qu’il s’agit d’un service par câble ou par IPTV). La baisse amorcée en 2015 se poursuit.

2. Évolution du nombre d’abonnés au volet de base des systèmes de câblodistribution et distribution par protocole Internet au Québec

Source : CRTC, Diverses éditions de Distribution de radiodiffusion, relevés statistiques et financiers.

Une enquête du CEFRIO conduite en 2019 conclut que 77 % des foyers québécois seraient abonnés à l’un ou l’autre des services de distribution6. Cela marque un recul de 7 points depuis 2017 alors que la proportion atteignait 84 %. En 2010, Statistique Canada estimait que 88 % de ces foyers bénéficiait d’un tel service7.  Pour la période s’étendant de 2010 à 2018, on peut évaluer la baisse à 9 points de pourcentage.

Toujours selon le CEFRIO, environ 53 % des foyers du Québec sont abonnés à un service payant, pour visionner des films ou des séries en ligne. La proportion est plus élevée que la moyenne chez les 18-34 ans et au sein des foyers dont les revenus dépassent 80 000 $.

Mise à jour : août 2020

Notes

[1] Il ne faut pas confondre la télévision par protocole Internet, qui nécessite un abonnement à un distributeur de radiodiffusion, avec le simple visionnement de contenus télévisés disponibles en ligne.

[2] Ces données et celles qui suivent proviennent de deux publications du CRTC : Rapport de surveillance des communications et Distribution de radiodiffusion, relevés statistiques et financiers.

[3] Le Club Illico de Vidéotron en est un exemple.

[4] CEFRIO, Portrait numérique des foyers québécois, NETendances 2019.

[5] Celle-ci y est définie comme « le visionnement ou l’écoute en continu d’émissions de télévision ou de clips. disponibles sur Internet ».

[6] Rapport de surveillance des communication 2019.  

[7]  Statistique Canada.  Tableau  11-10-0228-01   Caractéristiques du logement et équipement ménager au moment de l’entrevue, Canada, régions et provinces