Presse quotidienne

Un peu plus de la moitié (53 %) de la population adulte du Québec lit régulièrement1 un quotidien en semaine. Pendant une semaine type complète (7 jours)2, ces journaux rejoignent les trois quarts (76 %) des Québécois. Les Canadiens sont proportionnellement moins nombreux à s’informer en consultant un quotidien que ce soit du lundi au vendredi ou sur l’ensemble de la semaine (lundi au dimanche).

Tous les indicateurs semblent poindre vers un certain fléchissement du lectorat. Ces variations sont toutefois moindres que les marges d’erreur et, en l’absence d’une série chronologique plus longue, nous ne pouvons conclure à une tendance baissière3.

La popularité des éditions du weekend permet aux journaux de rejoindre une tranche de 20 à 25 % de la population qui ne les fréquente que pour ces contenus.

TABLEAU 1 : Proportion de lecteurs réguliers des quotidiens (lu hier en semaine) et portée (7 jours) en % de la population, Québec et Canada, 2017 et 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données Vividata Q3 2017 et Q3 2018.

Les données pour l’ensemble du Québec résultent du cumul des réponses à une enquête tenue dans quatre types de marchés : la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, la RMR de Québec, les autres villes desservies par un quotidien local (marchés régionaux des RMR d’Ottawa-Gatineau [partie située au Québec seulement], Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay, de même que celui de l’agglomération de recensement de Granby) et celles qui n’en ont pas. Quelque 49 % de la population québécoise habite dans la RMR de Montréal, 10 % dans celle de Québec, 11 % dans les marchés régionaux et 30 % dans les « autres marchés ». Ces derniers incluent toutes les autres agglomérations de recensement, dont les principales sont Drummondville, Saint-Hyacinthe, Rimouski, Shawinigan, Joliette, Victoriaville, Rouyn-Noranda, Sorel-Tracy, Salaberry-de-Valleyfield, mais également Sept-Îles, Matane, Alma et quelques autres.

Les écarts entre le Québec, Montréal et les marchés régionaux qui apparaissent dans la figure qui suit ne sont pas statistiquement significatifs. Autrement, les résidents de Québec seraient des lecteurs plus assidus de quotidiens, ceux des « Autres marchés » des lecteurs moins assidus4. Cela se vérifie autant en 2018 qu’en 2017 et tant au regard des lecteurs réguliers que de la portée. On comprend que l’intérêt de consulter un journal est moins élevé dans les lieux qui ne sont pas desservis par un quotidien local. À moins d’un évènement hors de l’ordinaire, ces journaux ne traitent pas de ce qui se passe à Saint-Hyacinthe, Drummondville, Joliette, en Abitibi ou sur la Côte-Nord. Quant à Québec, deux facteurs auraient un effet à la hausse sur les taux de lectorat : le sentiment d’appartenance à leur milieu de vie d’un très grand nombre de résidents (plus grand que dans une ville de la taille et de l’étendue de Montréal), et le fait que deux journaux s’y concurrencent pour rejoindre des lecteurs.

Les changements intervenus entre 2017 et 2018 se situent à l’intérieur des marges d’erreur. Notons cependant que tous les indicateurs sont en baisse, sauf ceux relatifs aux autres marchés. Cela est peut-être l’amorce d’une tendance qu’il faudra surveiller dans les années à venir.

TABLEAU 2 : Proportion de lecteurs réguliers des quotidiens (lu hier en semaine) et portée des quotidiens (7 jours) en % de la population, , 2017 et 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données Vividata Q3 2017 et Q3 2018.

Deux marchés régionaux se démarquent des autres : les résidents d’Ottawa-Gatineau sont de moins grands lecteurs de ces journaux pendant que ceux de Granby le sont davantage. Ce dernier marché est le plus petit à avoir un quotidien au Québec. On y dénombre 66 000 personnes. Celui d’Ottawa-Gatineau est le plus populeux avec 4 fois plus d’habitants soit 265 000. Saguenay et Trois-Rivières en comptent 133 000 chacun, alors qu’à Sherbrooke on atteint 178 000. L’intérêt des citoyens pour ce qui se passe dans leur milieu et ce que les médias en racontent est généralement plus élevé dans les localités de taille modeste.

Tous ces marchés semblent connaitre une baisse de lectorat, mais il faut attendre les résultats des enquêtes ultérieures pour voir si ce qui pourrait être une tendance se confirme.

TABLEAU 3 : Proportion de lecteurs réguliers des quotidiens (lu hier en semaine) et portée des quotidiens (7 jours) en % de la population, marchés régionaux, 2017 et 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données Vividata Q3 2017 et Q3 2018.

L’âge a un effet important sur la lecture régulière des quotidiens. Les moins de 50 ans se situent en dessous de la moyenne : par 14 points de pourcentage chez les 18-24 ans en 2018, par 7 points chez les 25-34 ans et par 4 points chez les 35-49 ans. Les personnes de 50 ans et plus excèdent la moyenne, les plus âgés la dépassant par 10 points de pourcentage. Ces différences sont presque identiques à celles de 2017. Les variations d’une année à l’autre pour un groupe ne sont pas statistiquement significatives, bien que 2018 présente pour chacun d’entre eux des résultats inférieurs à ceux de l’année précédente.

TABLEAU 4 : Proportion de lecteurs réguliers des quotidiens (lu hier en semaine) au Québec selon les groupes d’âge, 2017 et 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2017 et Q3 2018.

L’âge a aussi une incidence, bien que moins prononcée, sur la portée. Les éditions de fin de semaine se fraient un chemin chez un plus grand nombre des moins de 50 ans que celles de la semaine. Les 18-24 ans se situent tout de même à 10 points de pourcentage en deçà de la moyenne. Ici également, les écarts pour un même groupe ne sont pas significatifs.

TABLEAU 5 : Portée des quotidiens (7 jours) au Québec, en % de la popualtion selon les groupes d’âge en 2017 et 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2017 et Q3 2018.

Les tranches d’âge retenues par les diverses entreprises qui mesurent la consommation des médias et que nous utilisons dans cette analyse n’ont pas toutes la même importance démographique. Non seulement leur étendue est-elle différente de l’une à l’autre (les 18-24 ans regroupent 7 années, les 25-34 ans 10 années, etc.), mais la population ne se répartit pas également le long de la pyramide des âges.

Le graphique qui suit illustre l’envergure relative des groupes employés ici, dans la population québécoise d’une part, et au sein des lecteurs réguliers de quotidiens, puis des lecteurs sur l’ensemble de la semaine, d’autre part. On remarque que les trois classes de moins de 50 ans rassemblent 50 % de la population, mais seulement 44 % des lecteurs réguliers de ces publications. L’écart est grosso modo le même pour chacune. Inversement, les 50 ans et plus y sont surreprésentés. La différence est plus grande pour les 65 ans et plus que chez les 50-64 ans.

Le déséquilibre est moins accentué au regard de la portée globale. Près de 48 % de ces lecteurs ont moins de 50 ans soit uniquement 2 points en dessous de leur poids dans la population. Le fait que les trois quarts des habitants se retrouvent parmi ces lecteurs explique que leur profil se rapproche de celui de l’ensemble.

TABLEAU 6 : Répartition procentuelle de la population, des lecteurs réguliers (lu hier en semaine) et des lecteurs sur 7 jours des quotidiens au Québec selon les groupes d’âge, en 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018 et des données d’estimations de la population de Statistique Canada.

Les deux graphiques subséquents brossent le portrait de chacun des titres en fonction de l’âge. Métro et 24 heures comptent la proportion la plus élevée de lecteurs ayant moins de 50 ans (environ 60 %). Le Devoir fait meilleure figure à cet égard que La Presse, Le Journal de Montréal et la Montreal Gazette. Leur proportion atteint un peu plus de 55 % comparativement à environ 50 % pour les trois autres. Dans la Capitale, Le Journal de Québec a un lectorat plus jeune que Le Soleil. Les personnes de 65 ans et plus forment chez celui-ci un contingent proportionnellement plus important.

Du côté des régionaux, Le Droit (Ottawa-Gatineau) et La Voix de l’Est (Granby) bénéficient d’un lectorat plus jeune que les autres. À peu près la moitié de ceux qui les consultent ont moins de 50 ans, ce qui se ressemble à ce qu’on trouve chez plusieurs titres nationaux. La proportion tourne autour de 40 % à La Tribune (Sherbrooke) et au Quotidien (Saguenay), alors qu’elle n’atteint que 30 % au Nouvelliste (Trois-Rivières).

TABLEAU 7 : Répartition procentuelle de lecteurs sur 7 jours des lecteurs des principaux quotidiens au Québec selon les groupes d’âge, en 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018

 
TABLEAU 8 : Répartition procentuelle de lecteurs sur 7 jours des lecteurs des  quotidiens régionaux au Québec selon les groupes d’âge, en 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018

Comme nous l’avons déjà précisé, les résultats de l’enquête Q3 2018 de Vividata ne peuvent être comparés qu’avec beaucoup de prudence à ceux antérieurs à celle Q4 2016. Nous vous proposons tout de même un coup d’œil sur ce qui s’est passé pour l’ensemble du Canada5 et pour le marché de Montréal pendant la période s’étendant de 2001 à 2013 à partir des analyses de NADbank.

À l’échelle du Canada, le taux de lectorat des quotidiens chez l’ensemble de la population adulte est passé de 57 % en 2001 à 48 % en 2013. La baisse de popularité a touché tous les groupes d’âge, mais elle est plus marquée chez les plus jeunes : ils n’étaient plus que 34 % chez les 18-24 ans à lire régulièrement un quotidien ou à consulter ses déclinaisons numériques en 2013, alors qu’ils étaient 51 % en 2001.

TABLEAU 9 : Lecteurs réguliers des quotidiens (lu hier en semaine) dans l’ensemble du Canada selon les groupes d’âge en 2001, 2005, 2009 et 2013*

Source : Compilation du CEM à partir des données de NADbank.

À Montréal, où vivent la moitié des Québécois, 52 % de la population adulte consultait régulièrement un quotidien papier ou ses dérivés numériques en 2013. Ce résultat se compare avantageusement à ceux obtenus depuis le début des années 2000. On ne note pas de tendance baissière généralisée contrairement à ce qui se dégage à l’échelle canadienne6. En fait, la seule ombre au tableau se situait du côté des 18-24 ans, qui n’étaient plus que 38 % à lire de tels journaux, alors qu’ils étaient environ la moitié moins de dix ans plus tôt. La percée des 24 heures et Métro est l’un des facteurs derrière cette bonne performance, tout comme la stratégie de La Presse axée sur la gratuité7.

TABLEAU 10 : Lecteurs réguliers des quotidiens (lu hier en semaine) à Montréal selon les groupes d’âge en 2001, 2005, 2009 et 2013*

Source : Compilation du CEM à partir des données de NADbank.

Même si Vividata ne procède pas selon les mêmes paramètres que son prédécesseur, les fondamentaux n’ont pas été modifiés : l’échantillon est établi de manière aléatoire, la question « Avez-vous lu ou feuilleté un quotidien hier » est identique et le marché de Montréal correspond toujours au territoire de la Région métropolitaine de recensement. Qui plus est, le nombre de quotidiens locaux n’a pas changé. Nous avons conséquemment regroupé dans un graphique les données des deux dernières années pour lesquelles NADbank était aux commandes avec celles des années 2017 et 2018. Le taux de lectorat à Montréal en semaine (hier) tournait autour de 50 % pendant la période allant de 2001 à 2013, par opposition à un peu plus de 55 % en 2017 et 20188. La situation de ces journaux ne se serait donc pas détériorée, elle se serait plutôt améliorée.

Poursuivons la comparaison à propos des groupes d’âge. La popularité des quotidiens en semaine dans le marché de Montréal est en hausse chez les 18-24 ans et les 50 ans et plus par rapport aux niveaux atteints lors des dernières enquêtes pilotées par NADbank. Elle est stable pour les 25-34 et les 35-49 ans.

TABLEAU 11 :Lecteurs réguliers des quotidiens (lu hier en semaine) à Montréal selon les groupes d’âge en 2012, 2013, 2017 et 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de NADbank et Vividata Q3 2017 et Q32018.

Nous pouvons tirer quelques constats de ces données :

  •       La légère embellie de la moyenne générale observée plus haut est principalement attribuable à des gains chez les 50 ans et plus, qui représentent la moitié de la population.
  •       La gratuité d’accès à l’entièreté des articles publiés sur les plateformes numériques des deux plus importants journaux (Le Journal de Montréal et La Presse) de même que la propagation des nouveaux outils de distribution que sont les applications pour tablettes et téléphones intelligents ont fait progresser le lectorat chez les 18-24 ans. C’est un atout pour l’avenir. Cela n’a cependant pas empêché le surplace des 25-49 ans, un groupe de consommateurs particulièrement recherché par les annonceurs.

Revenons aux données de 2018, en premier lieu, pour une comparaison des deux principaux marchés canadiens, Toronto et Montréal, où l’offre est similaire. Chacun est en effet desservi par six quotidiens, dont deux utilisant le format papier sont distribués gratuitement9. Si l’on considère l’ensemble de la population, la proportion des adultes ayant lu un quotidien hier (du lundi au vendredi) et la portée sur les sept jours de la semaine sont plus élevées à Montréal qu’à Toronto. Une analyse selon les groupes d’âge montre que les titres montréalais sont, dans presque tous les cas, plus populaires dans leur marché principal que leurs homologues de la Ville-Reine. 

TABLEAU 12 : Lecteurs des quotidiens  à Toronto et à Montréal, selon les groupes d’âge en 2018, qui a lu hier en semaine et portée 7 jours

Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018

Quelle est la popularité des principaux titres québécois ? Les données du graphique qui suit montrent que Le Journal de Montréal dépasse tous les autres à l’échelle du Québec. La Presse arrive juste après sur l’ensemble du territoire québécois (ainsi que sur le marché de Montréal, même si ces données ne sont pas rapportées ici). En ce qui concerne les deux journaux imprimés distribués gratuitement, Métro l’emporte sur 24 h. Le Devoir et la Montreal Gazette sont des médias de niche qui, par définition, rejoignent un public plus restreint. Il n’empêche que le premier compte près de 1 million de lecteurs sur l’ensemble de la semaine au Québec. Quant aux deux publications éditées dans la Capitale nationale, Le Journal de Québec en totalise deux fois plus que Le Soleil (l’écart entre les deux est bien moins grand dans le marché de Québec : 424 000 pour le premier comparativement à 281 000 pour le second).

Parmi les huit principaux titres, un seul « semble » sur une pente ascendante. Le Devoir aurait connu une hausse de son lectorat de 4 % depuis 2016. Nous utilisons le conditionnel car la variation est près de la marge d’erreur. Au Soleil, c’est la stabilité (résultats pour 2 années uniquement). Chez les autres journaux, les données s’inscrivent en baisse : 5 % au Journal de Québec (2 années) et à 24 h, de 7 % au Journal de Montréal, à la Gazette ainsi qu’à Métro, et de 10 % à La Presse (de 2017 à 2018). Dans ce dernier cas, la diminution découle, au moins partiellement, de l’arrêt de l’édition papier du samedi en janvier 2018.

TABLEAU 13 : Comparaison du nombre de lecteurs des principaux quotidiens québécois* sur l’ensemble de la semaine en 2016, 2017 et 2018

* Les mesures sont prises à l’échelle de l’ensemble du Québec. Les deux titres de Québec n’ont pas fait l’objet d’une telle évaluation en 2016.
Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2016, Q3 2017 et Q3 2018.

Quant aux quotidiens régionaux, si le nombre de lecteurs de La Tribune et de La Voix de l’Est demeurent stables, ils se font plus rares pour Le Droit, Le Nouvelliste et Le Quotidien. Depuis 2016, le quotidien de Saguenay a perdu 25 % de son auditoire, mais il compte une édition de moins qu’en 2017 et 201610. Le Droit en a perdu 13 % et Le Nouvelliste 10 %.

TABLEAU 14 : Comparaison du nombre de lecteurs des quotidiens québécois régionaux sur l’ensemble de la semaine en 2016, 2017 et 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2016, Q3 2017 et Q3 2018, marché québécois respectif de chacun des journaux.

Le numérique

Si, en 2017, l’imprimé était encore le vecteur utilisé par le plus grand nombre des lecteurs réguliers de 18 ans et plus dans l’ensemble du Québec ainsi que dans les marchés de Montréal et de Québec, les deux types de supports sont maintenant à égalité pour le Québec en entier, pendant que la lecture en ligne a dépassé celle en format papier dans la Métropole. Dans la Capitale nationale, l’imprimé a toujours quelques points d’avance.  

TABLEAU 15 : Répartition des lecteurs réguliers (lu hier en semaine) de quotidiens selon le support utilisé et les principaux marchés en 2017 et 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2017 et Q3 2018.

Dans les autres marchés, l’imprimé demeure le mode de lecture préféré, à l’exception d’Ottawa-Gatineau où le numérique a pris le dessus.

TABLEAU 16 : Répartition des lecteurs réguliers (lu hier en semaine) de quotidiens selon le support utilisé et les marchés en 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Contrairement à ce que l’on constate au Québec et à Montréal, l’imprimé domine encore largement à l’échelle du Canada et dans le marché de Toronto. Qui plus est, les pratiques des Torontois en ce domaine sont similaires à celles de l’ensemble des Canadiens. Au Québec, Montréal et Ottawa-Gatineau sont plus « numériques » que les autres.

TABLEAU 17 : Répartition des lecteurs réguliers (lu hier en semaine) de quotidiens selon le support utilisé au Québec, au Canada, à Montréal et Toronto en 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Poursuivons avec les données québécoises. Les plus de 50 ans ont un comportement nettement différent des plus jeunes concernant le support auquel ils recourent. Quelque 40 % d’entre eux ne consultent que les éditions papier. On remarque l’inverse au sein des moins de 50 ans : 40 % n’utilisent que le numérique.

TABLEAU 18 : Répartition des lecteurs réguliers (lu hier en semaine) de quotidiens au Québec selon le support utilisé et les groupes d’âge en 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Le numérique a séduit de multiples adeptes en quelques années. Plus du tiers des lecteurs réguliers n’utilisent maintenant que l’ordinateur, la tablette ou le téléphone cellulaire pour s’y informer. Cette proportion a gagné trois points de pourcentage depuis 2016. Le graphique qui suit montre cependant que ce quasi-statuquo d’ensemble cache des différences selon les groupes d’âge : l’emploi exclusif du numérique s’est accru au sein des 35 ans et plus, tandis qu’il semble avoir atteint un plateau chez les plus jeunes. La croissance de la lecture strictement numérique est donc attribuable à la propagation d’un tel comportement parmi les personnes de 35 ans et plus qui représentent près de 75 % de la population.

TABLEAU 19 : Proportion de lecteurs réguliers (lu hier en semaine) de quotidiens au Québec qui n’utilisent que le numérique selon les groupes d’âge en 2016, 2017, 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2016, Q3 2017 et Q3 2018.

Poursuivons la comparaison amorcée plus tôt entre Montréal et Toronto, cette fois au regard de la popularité du numérique. Les habitudes d’un bon nombre de Torontois ont grandement changé en une seule année. En 2017, 49 % d’entre eux privilégiaient l’usage exclusif de l’imprimé11. Cette proportion a chuté de 8 points de pourcentage. Le papier dominait au sein de toutes les tranches d’âge. Aujourd’hui, le numérique le surpasse de plusieurs points chez les moins de 50 ans. C’est le très grand attrait qu’exerce encore le papier chez les 50 ans et plus, combiné à leur importance démographique, qui fait en sorte que, pour l’ensemble des résidents de la Ville-Reine, l’imprimé a encore 7 points d’avance sur le nouveau mode de consommation. Dans la Métropole, le numérique dépasse maintenant l’imprimé par 4 points de pourcentage. L’écart était le même en 2017, mais à l’avantage du papier. Les pratiques sont aujourd’hui similaires dans les deux principaux marchés canadiens chez les 25-34 ans et les 35-49 ans. Les différences les plus marquées concernent les 50 ans et plus. À Montréal, la nouvelle façon de faire a charmé, proportionnellement, plus d’adeptes qu’à Toronto. C’est d’ailleurs ce qui explique que ce mode l’emporte dans le marché montréalais considéré globalement, alors que ce n’est toujours pas le cas à Toronto.

TABLEAU 20 : Répartition des lecteurs réguliers (lu hier en semaine) de quotidiens à Toronto et Montréal selon le support et les groupes d’âge en 2018

SUPPORT

TORONTO

MONTRÉAL

18 ans et plus

Imprimé exclusivement

41 %

33 %

Numérique exclusivement

34 %

37 %

Imprimé et numérique

25 %

30 %

18-24 ans

Imprimé exclusivement

31 %

36 %

Numérique exclusivement

39 %

34 %

Imprimé et numérique

31 %

31 %

25-34 ans

Imprimé exclusivement

28 %

21 %

Numérique exclusivement

45 %

49 %

Imprimé et numérique

27 %

31 %

35-49 ans

Imprimé exclusivement

32 %

29 %

Numérique exclusivement

44 %

42 %

Imprimé et numérique

25 %

30 %

50-64 ans

Imprimé exclusivement

47 %

41 %

Numérique exclusivement

29 %

35 %

Imprimé et numérique

24 %

25 %

65 ans et plus

Imprimé exclusivement

59 %

38 %

Numérique exclusivement

19 %

28 %

Imprimé et numérique

22 %

34 %

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Voyons maintenant ce qui se passe au regard des principaux titres du Québec. La mesure illustrée au graphique qui suit est différente de celle que nous avons utilisée précédemment. Il s’agit cette fois de la portée des éditions numériques (en exclusivité ou en combinaison avec l’imprimé) au cours d’une semaine donnée (7 jours)12. Tous les lecteurs de La Presse référaient aux éditions numériques en 2018. Ce n’est pas une surprise, sachant que l’entreprise a cessé de publier en papier. En 2017, seule l’édition du samedi bénéficiait d’une telle distribution. Les lecteurs du Devoir sont aussi plus nombreux à consulter les éditions numériques, à hauteur d’environ 60 %. Pour Le Journal de Montréal, The Montreal Gazette, Le Journal de Québec et Le Soleil, un peu moins d’un lecteur sur deux les consomme. Finalement, si les gratuits 24 h et Métro se sont développés grâce à un accès facile à leurs exemplaires imprimés, près de 20 % de leur auditoire respectif ont tout de même recours aux nouveaux supports.

Les variations observées entre les données de 2017 et celles de 2018 ne sont statistiquement significatives que pour La Presse (disparition totale du papier) et les deux quotidiens de Québec. Alors que Le Soleil avait 9 points d’avance sur son rival en 2017, les deux titres se trouvent maintenant à égalité.

TABLEAU 21 : Proportion de lecteurs des principaux quotidiens qui consultent les éditions numériques en 2017 et 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2017 et Q3 2018.

En ce qui concerne les publications régionales, elles sont pareillement consultées par un peu moins d’un lecteur sur deux. L’apparente progression qui serait survenue au Quotidien relève vraisemblablement d’un manque de représentativité de l’échantillon constitué en 2017, puisque les résultats de l’enquête de 2016 indiquaient que 46 % de ses lecteurs avaient utilisé une édition numérique pendant la semaine.

TABLEAU 22 : Proportion de lecteurs des quotidiens régionaux qui consultent les éditions numériques en 2017 et 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2017 et Q3 2018.

Les deux graphiques suivants rendent compte de ces personnes qui ne lisent un quotidien qu’en version numérique. Seuls deux journaux, La Presse et Le Devoir, montrent des proportions de lecteurs exclusivement numériques supérieures à la moyenne québécoise. Les 24 h et Métro, conçus pour être lus dans les transports publics, sont ceux dont l’auditoire est le moins entiché par une telle option (5 %). Chez les autres principaux quotidiens ainsi qu’au Droit, les proportions oscillent entre 22 et 28 %. Elles sont plus faibles pour les titres desservant des marchés de plus petite taille, soit entre 12 et 19 %.

TABLEAU 23 : Proportion de lecteurs des principaux quotidiens qui consultent exclusivement les éditions numériques en 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

 
TABLEAU 24 : Proportion de lecteurs des quotidiens régionaux qui consultent exclusivement les éditions numériques en 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

On peut utiliser un ordinateur, une tablette, un téléphone intelligent ou un autre type d’appareils connectés (montre, téléviseur, etc.) pour accéder aux contenus des journaux. Les deux graphiques qui suivent illustrent la popularité de ces différents outils. Le premier compare les usages au Québec versus le Canada, ainsi qu’à Montréal et Québec versus Toronto. Toutes proportions gardées, on dénombre plus d’utilisateurs d’ordinateurs et de téléphones intelligents et moins d’utilisateurs de tablettes au Canada qu’au Québec. Les mêmes observations s’appliquent pour Toronto par rapport à Montréal et à la RMR de Québec. Par ailleurs, les pratiques des résidents de la Métropole et ceux de la Capitale nationale sont similaires à celles de l’ensemble du Québec. De manière générale (donc chez les 18 ans et +), au Québec, l’ordinateur devance le téléphone intelligent (6 points de pourcentage) et la tablette (11 points).

TABLEAU 25 : Proportion de lecteurs numériques de quotidiens au Québec et au Canada selon le mode d’accès, ensemble de la semaine, 18 ans et +, 2018

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Avant toute analyse reposant sur l’âge, il faut rappeler que la possession d’une tablette ou d’un téléphone intelligent varie grandement en fonction de cette variable. Les plus jeunes sont plus nombreux à détenir un téléphone et moins nombreux à avoir une tablette. C’est le contraire chez les plus vieux. Pour consulter un quotidien, les moins de 50 ans privilégient le téléphone intelligent, puis l’ordinateur. La tablette arrive assez loin derrière. Pour leurs ainés, le téléphone arrive en troisième position. Ordinateur et tablette y ont le même nombre d’utilisateurs.

TABLEAU 26 : Proportion de lecteurs numériques de quotidiens au Québec selon le mode d’accès et les groupes d’âge en 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Qu’en est-il chez les principaux quotidiens québécois ? Les lecteurs de La Presse présentent un profil bien différent de ceux des autres titres. La tablette y est tout aussi répandue que l’ordinateur et le téléphone intelligent, alors qu’ailleurs elle reçoit bien moins d’intérêt. On ne peut qu’y voir l’attrait de l’application singulière développée pour La Presse +. Son utilisation dépasse par 20 points de pourcentage celle des applications des autres journaux montréalais. En contrepartie, l’ordinateur et le téléphone intelligent y comptent moins d’amateurs que chez les autres.

Pour les autres titres, ordinateur et téléphone sont relativement au coude-à-coude, à l’exclusion du Soleil pour lequel l’ordinateur a presque 20 points d’avance. Un autre facteur distingue ce journal de son rival de Québec. En effet, le téléphone intelligent est plus en vogue chez les lecteurs du Journal de Québec.

TABLEAU 27 : Proportion de lecteurs numériques des principaux quotidiens au Québec selon le mode d’accès en 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

L’ordre de popularité des appareils au sein des lecteurs des différents quotidiens régionaux est le même, à savoir l’ordinateur, le téléphone intelligent et la tablette. Il n’y a qu’au Nouvelliste où tablette et téléphone partagent le deuxième rang, en raison d’un engouement moins grand pour ce dernier.

TABLEAU 28 : Proportion de lecteurs numériques des quotidiens régionaux au Québec selon le mode d’accès en 2018, ensemble de la semaine

Source : Compilation du CEM à partir des données de Vividata Q3 2018.

Mise à jour : mars 2019

Notes

[1]. Proportion d’adultes ayant lu ou feuilleté au moins une édition imprimée ou numérique hier, du lundi au vendredi. Nous utilisons les données Q3 2018 de Vividata qui ont trait à la période de 12 mois allant d’octobre 2017 à septembre 2018 et celles de Q3 2017 et Q3 2016 qui couvrent les mêmes périodes en 2016-2017 et 2015-2016. 18 ans et plus.

[2]. Proportion d’adultes ayant lu ou feuilleté au moins un journal en format imprimé ou numérique au cours d’une semaine complète (7 jours). Cet indicateur est connu comme la portée.

[3]. Les données que nous utilisons sont tirées d’enquêtes menées par Vividata, née de la fusion en 2014 de NADbank et de PMB. La méthode de collecte de données ayant été substantiellement modifiée, seuls certains résultats de 2018 et 2017 peuvent être comparés à ceux de 2016. Vividata suggère une grande prudence.

[4]. Nous utilisons le conditionnel en raison de la courte série chronologique dont nous disposons.

[5]. NADbank ne compilait par de résultats sur la base de la province.

[6]. Nous verrons plus loin que les Montréalais sont plus nombreux que les Torontois à lire un quotidien.

[7]. L’application pour tablettes La Presse + a été lancée en avril 2013.  

[8]. La population de la RMR de Montréal s’est accrue de 115 000 personnes entre 2013 et 2018.

[9]. Ceux-ci ne publient que du lundi au vendredi.

[10]. Le Progrès-Dimanche était considéré comme l’édition dominicale du journal. Il a cessé de paraître en avril 2017. Son contenu a été intégré à l’édition du samedi du Quotidien.

[11]. Le Toronto Star a imité La Presse+ pour les mobiles, mais son application n’a pas suscité le même engouement que ce qui s’est produit à Montréal. Le journal de la Ville Reine est revenu à une application plus conventionnelle en juillet 2017.

[12]. Proportion de lecteurs qui ont consommé au moins une édition numérique pendant la période. La portion de l’enquête de Vividata ne questionne les répondants sur leur lecture en mode numérique d’un titre en particulier que pour l’ensemble d’une semaine donnée et non pour des jours précis.