Presse hebdomadaire

Les hebdomadaires québécois publient environ 3,4 millions d’exemplaires chaque semaine. Cela marque une baisse importante par rapport aux 6,2 millions de 2011. Nous sommes passés de 200 titres à 120, au gré de fusions, de fermetures et de transformations en bimensuels ou mensuels. Une très grande portion des éditeurs de telles publications ont opté pour la gratuité. Ils sont distribués aux portes des foyers du territoire qu’ils couvrent, le plus souvent dans le Publisac. Mais une personne peut fort bien recevoir à sa porte un hebdo et ne pas s’y intéresser.

Selon Vividata, 36 % des Québécois de 18 ans et plus lisent un hebdomadaire pendant une semaine type, qu’il s’agisse d’une version imprimée ou numérique1. Sur une base mensuelle, la proportion grimpe à 53 %2. Ces résultats sont inférieurs aux moyennes canadiennes qui atteignent 43 % dans le premier cas et 60 % dans le second. Un Québécois sur cinq ne les fréquentent jamais3. L’enquête a été menée en 2018 et note également que ces taux sont plus importants dans les petits marchés et qu’ils augmentent avec l’âge. À titre de comparaison, mentionnons qu’il y a 53 % de la population québécoise qui déclare avoir lu un quotidien hier en semaine (du lundi au vendredi) et 76 % en ce qui concerne l’ensemble de la semaine4.

Afin de voir comment les habitudes des Québécois ont pu évoluer dans le temps, nous allons utiliser une étude conduite aux cinq ans par le ministère de la Culture et des Communications du Québec (MCCQ) auprès d’un échantillon représentatif des personnes âgées de 15 ans et plus. Le dernier de ces sondages a été réalisé en 2014. Les hebdomadaires régionaux étaient à ce moment suivis chaque semaine par un peu plus de la moitié (53 %) de la population. La situation est similaire à celle qui prévalait en 1999 lors de la première analyse de cette nature menée par le MCCQ.

Même s’il est quelque peu hasardeux de comparer les résultats d’enquêtes aux méthodologies différentes, on peut raisonnablement croire que le lectorat des hebdos régionaux a fléchi depuis 2014.

Les données du MCCQ montrent qu’environ un Québécois sur cinq ne les fréquentait jamais. Le format papier constituait le meilleur moyen de rejoindre les lecteurs de ces médias : 51 % affirmaient lire un hebdo chaque semaine sur support papier comparativement à 9 % pour les supports numériques. La plupart de ces lecteurs numériques étaient aussi des lecteurs des imprimés.

Selon la même enquête de 2014, la popularité de ces publications croît avec l’âge. De plus, le lieu de résidence a une grande influence : dans les régions métropolitaines de Montréal et de Québec, la proportion de ceux qui déclarent lire un hebdomadaire régional ou de quartier chaque semaine est inférieure à la moyenne. Inversement, cette proportion est nettement plus élevée ailleurs dans la province, tout particulièrement dans les régions suivantes : Abitibi-Témiscamingue, Bas-Saint-Laurent, Montérégie, Gaspésie — Îles-de-la-Madeleine, Côte-Nord, Chaudière-Appalaches, Lanaudière et Centre-du-Québec. Pareillement, le taux dépasse la moyenne dans les municipalités comptant moins de 100 000 habitants.

TABLEAU 1 : Fréquence de lecture des hebdomadaires régionaux (formats papier et numérique combinés) du Québec en 2014, selon l’âge

Source : Ministère de la Culture et des Communications ; Les pratiques culturelles au Québec en 2014, 2016.

Notes

[1]. Source : Vividata Q3 2018, 18 ans et +. Personne ayant lu un hebdomadaire régional (papier ou numérique) pendant la dernière semaine. Selon une autre enquête réalisée également en 2018 par le Reuters Institute for the study of journalism et le Centre d’études sur les médias, 20 % des Canadiens de langue française âgés de 18 ans et plus mentionnent avoir utilisé un hebdomadaire local ou régional pour s’informer au cours de la dernière semaine. L’échantillon de Canadiens français est composé à 96 % de résidents du Québec.
[2]. Personne ayant lu un hebdo hebdomadaire régional (papier ou numérique) pendant le dernier mois.
[3]. La donnée est du même ordre à l’échelle canadienne.
[4]. Source : Vividata Q3 2018, 18 ans et +.