Radio

Le nombre d’heures consacrées en moyenne à la radio chaque semaine est en baisse depuis plusieurs années tant au Québec que dans l’ensemble du Canada. De 2008 à 2017, son écoute a fléchi de 28 % chez les 25-34 ans et les 35-49 ans, de 20 % chez les 50 ans et plus, de 19 % chez les 18-24 ans et de 12 % chez les 12-17 ans. L’exposition à ce média croît avec l’âge.

TABLEAU 1 : Écoute hebdomadaire de la radio au Québec en fonction du groupe d’âge, 2008 et 2017

Source : Données BBM de l’automne 2008 extraites de l’édition 2010 du Guide annuel des médias publié par Infopresse, ainsi que d’Infopresse 2018.

On fréquente la radio davantage en semaine que les fins de semaine. La majeure partie de l’écoute a lieu au foyer : 51 % pour les femmes et 40 % pour les hommes1. Celle qu’on réalise lors de transport en auto n’est pas non plus négligeable et représente 33 % de l’écoute des hommes et 27 % de celle des femmes. Ces dernières consacrent 20 % de leur écoute au travail, contre 24 % chez la gent masculine.

Les données de la plus récente enquête du Ministère de la Culture et des Communications2 sur les pratiques culturelles au Québec indiquent que 87 % des Québécois écoutent la radio au moins une heure par semaine. Les femmes y passent un peu plus de temps que les hommes. De même, l’usage s’avère plus assidu dans les municipalités de moins de 100 000 habitants que dans celles qui sont plus populeuses.

Les stations francophones les plus écoutées sont celles à prépondérance musicale, plus nombreuses. Lorsqu’il y en a plusieurs dans un même marché, celles-ci se distinguent les unes des autres en adoptant des styles différents : adulte contemporain, succès de l’heure, rock moderne, country, classique, jazz…

Environ le quart des Canadiens de langue française (24 %) déclarent s’être informés à la radio au cours de la dernière semaine et 5 % l’identifient comme leur principale source de nouvelles3. De façon plus circonscrite, les stations locales de radio ont été utilisées par 18 % d’entre eux à des fins d’information : 11 % uniquement par les ondes hertziennes, 3 % uniquement en ligne et 4 % à la fois en ligne et par les ondes. Ces ratios étaient similaires lors de la première enquête en 2016. Les moins de 35 ans sont proportionnellement moins nombreux que leurs ainés à utiliser la radio pour suivre l’actualité (17 % versus 26 %). Le média est également plus populaire auprès des hommes que des femmes. À titre de comparaison, mentionnons que la télévision constitue la principale source d’information pour près de la moitié de ces francophones.

Le numérique

Les stations de radio diffusant en mode hertzien perdent des auditeurs au profit de services sur Internet. On peut dorénavant écouter un grand nombre de stations ou d’émissions en ligne, soit de manière continue, soit en sélectionnant des émissions proposées en fichier balado. Ces contenus ne sont pas nécessairement des productions nationales. Les Canadiens de 18 ans et plus consacrent de manière hebdomadaire 7,2 heures à l’écoute de services de diffusion audio en continu par Internet4. C’est 2 heures de plus qu’en 2016 et 3,1 heures de plus qu’en 2013. Cela fait en sorte que l’écoute totale de contenu audio est en hausse, en dépit d’une baisse de celle en mode hertzien.

TABLEAU 2 : Évolution de l’écoute de la radio en mode hertzien et de celle de l’écoute des services audio en continu de 2013 à 2017, Canadiens de 18 ans et +

Source : Données de Numeris (sondages d’automne par cahiers d’écoute) et de l’Observatoire des technologies médias, rapportées dans le Rapport de surveillance des communications 2018 du CRTC.

À l’échelle du Canada, un francophone sur 5 écoute la radio traditionnelle en mode continu sur une base mensuelle. La proportion est similaire en ce qui concerne les balados, parmi lesquels on trouve bon nombre de productions qui ne sont pas diffusées en mode conventionnel. Ces pratiques sont plus populaires chez les anglophones. L’écart est de 2 points de pourcentage pour l’écoute en continu et de 10 points pour la baladodiffusion. Cette dernière pratique semble en progression alors qu’elle paraît avoir atteint un plateau en ce qui concerne l’écoute en continu des stations de radio. Québecor a d’ailleurs lancé une radio qui n’est accessible que par Internet. Qub propose des contenus originaux de même que des rediffusions d’émissions d’information du réseau télé TVA.

TABLEAU 3 : Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et + ayant écouté en continu la radio traditionnelle en ligne*, de 2010 à 2017

* Au cours du dernier mois.
Source : Données de l’Observatoire des technologies médias, rapportées dans diverses éditions du Rapport de surveillance des communications du CRTC.

 
TABLEAU 4 : Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et + ayant écouté de la baladodiffusion*, de 2010 à 2016

* Au cours du dernier mois. Les données pour l’année 2017 ne sont pas rapportées.
Source : Données de l’Observatoire des technologies médias, rapportées dans diverses éditions du Rapport de surveillance des communications du CRTC.

Les services musicaux personnalisés tels Spotify, Amazon Music, Apple Music et autres Google Play Music accaparent aussi une partie du temps qui était auparavant consacré aux radios conventionnelles. La pratique a été adoptée par un Canadien sur trois, qu’il soit de langue française ou appartienne à la communauté anglophone. Le recours à de tels services semble encore en progression.

TABLEAU 5 : Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et + ayant écouté des services sonores personnalisés*,de 2011 à 2017

* Au cours du dernier mois.
Source : Données de l’Observatoire des technologies médias, rapportées dans diverses éditions du Rapport de surveillance des communications du CRTC.

Enfin, la radio par satellite fait pareillement concurrence aux services conventionnels. Un francophone sur dix y est abonné. C’est le double chez les anglophones. Ces proportions sont plutôt stables depuis quelques années.

TABLEAU 6 : Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et + abonnés à la radio par satellite, de 2010 à 2017

Source : Données de l’Observatoire des technologies médias, rapportées dans diverses éditions du Rapport de surveillance des communications du CRTC.

Mise à jour : avril 2019

Notes

[1]. Ces données ainsi que celles qui suivent dans ce paragraphe proviennent de Numéris et sont rapportées dans Infopresse 2018.

[2]. L’enquête a été menée en 2014. Source : Ministère de la Culture et des Communications

[3]. Source : Enquête 2018 du Reuters Institute for the study of journalism et du Centre d’études sur les médias. Échantillon de 1010 francophones dont 96 % résident au Québec. Sondage en ligne auprès d’internautes ayant affirmé avoir eu accès aux nouvelles au cours du mois précédant.

[4]. Cela inclut l’écoute en continu de stations de radio traditionnelles.