Radio

D’entrée de jeu, soulignons qu’une très grande proportion (84 %) des Québécois écoutent la radio pendant au moins un quart d’heure pendant la semaine. Quelque 63 % le font lors de transport, 54 % à la maison, 12 % au travail et 5 % en d’autres lieux. Ces données sont tirées de l’enquête Numeris dont les résultats ont été publiés à l’automne 20211

L’enquête de 2019 montrait que la majeure partie de l’écoute se produit toutefois au foyer : 47 %. Celle qu’on réalise pendant un déplacement en représente 29 % et celle au travail 22 %2

Numeris, qui s’appelait auparavant BBM, a modifié en profondeur sa méthode de collecte par cahiers d’écoute3 à compter de l’automne 2019. Ces changements sont tels que toute comparaison avec les données antérieures n’est plus possible4.

Puisque nous nous intéressons à l’évolution à long terme de l’écoute du média en général, nous allons, dans un premier temps, mettre en parallèle l’écoute de 2019 avec celle de 2008. Puis, nous allons amorcer une nouvelle série chronologique qui ne couvrira, pour l’instant, que deux années, soit 20205 et 2021. 

Le nombre d’heures consacrées en moyenne à la radio chaque semaine est en baisse depuis plusieurs années tant au Québec que dans l’ensemble du Canada. De 2008 à 2019, son écoute a fléchi de 56 % chez les 12-17 ans et les 18-24 ans, de 41 % chez les 25-34 ans, de 33 % chez les 35-49 ans et de 22 % chez les 50 ans et plus. L’exposition à ce média croît avec l’âge.

1. Écoute hebdomadaire de la radio au Québec en fonction du groupe d’âge, 2008, 2018 et 2019

Source : Données BBM de l’automne 2008 extraites de l’édition 2010 du Guide annuel des médias publié par Infopresse et données Numeris de l’automne 2018 et de l’automne 2019. Méthode des cahiers d’écoute.

Un regard sur la période plus récente (2019 par rapport à 2018) montre que la tendance baissière était toujours observable tant pour les 12 ans et plus que chez les 18 ans et plus. De façon plus particulière, on remarque un recul pour les 12-17, les 18-24 et les 35-49 ans, alors qu’on note plutôt une stabilité de sa popularité au sein des 50-64 ans.

Les données qui suivent relatives aux années 2020 et 2021 suggèrent que l’écoute de la radio est toujours en décroissance, particulièrement au sein des moins de 25 ans de même que parmi les 50-64 ans. Il faudra attendre les enquêtes subséquentes pour s’en assurer.

2. Écoute hebdomadaire de la radio au Québec en fonction du groupe d’âge, 2020 et 2021

Source : Numeris, automne 2020 et 2021.

Les hommes y passent un peu plus de temps (17,4 heures par semaine6) que les femmes (15,7 heures).

Les types de stations les plus écoutées sont celles, plus nombreuses, où la musique prédomine. Lorsqu’il y en a plusieurs dans un même marché, celles-ci se distinguent les unes des autres en adoptant des styles différents : adulte contemporain, succès de l’heure, rock moderne, succès classique, etc. Celles dites à prépondérance verbale sont tout de même populaires. Dans le marché francophone de Montréal, les deux stations les plus écoutées sont le 98,5 (25,7 % des parts de marché) et ICI Radio-Canada Première (15,7 %)7. À Québec, il s’agit de Ici Radio-Canada Première (22,1 %), de Choi Radio X (16,6 %) et du FM93 (15,8 %)8.

Environ le quart des Canadiens de langue française (21 %) déclarent s’être informés à la radio au cours de la dernière semaine et 5 % l’identifient comme leur principale source de nouvelles9. De façon plus circonscrite, les stations locales de radio ont été utilisées par 18 % d’entre eux à des fins d’information : 8 % uniquement par les modes traditionnels, 5 % exclusivement en ligne et 4 % des deux manières. Ces ratios étaient similaires lors de la première enquête en 2016. Les moins de 35 ans sont proportionnellement moins nombreux que leurs aînés à y avoir recours pour suivre l’actualité (17 % versus 22 %). Cet usage du média est plus populaire auprès des hommes (26 %) que des femmes (16 %). À titre de comparaison, mentionnons que la télévision constitue la principale source d’information pour environ la moitié de ces francophones.

Services audio en continu et diffusion en ligne

Les radios AM/FM diffusant aux récepteurs traditionnels perdent des auditeurs au profit de services sur Internet. On peut dorénavant écouter un grand nombre de stations ou d’émissions en ligne, soit de manière continue, soit en sélectionnant des balados. On a également accès à des services sonores personnalisés de même qu’à des chaînes par satellite. Ces contenus ne sont pas nécessairement des productions nationales. Les Canadiens de 18 ans et plus consacrent 9,8 heures par semaine à l’écoute de services de diffusion audio en continu par Internet10. C’est presque deux heures de plus qu’en 2018 et 2019 et près de 6 heures de plus qu’en 2013. Cela fait en sorte que l’écoute totale de contenu audio est en hausse d’une heure sur l’ensemble de la période, en dépit d’une baisse de celle en mode plus ancien.

3. Évolution de l’écoute de la radio en mode traditionnel et de celle de l’écoute des services audio en continu de 2013 à 2021, Canadiens de 18 ans et +

* La radio AM/FM diffusée aux récepteurs traditionnels. Les données des services audio en continu englobent tous les services de diffusion audio en continu, y compris la diffusion Internet des radios AM/FM.
Source : Données de Numeris (sondages d’automne par cahiers d’écoute de 2013 à 2019, sondages de printemps pour 2020 et 2021) et de l’Observateur des technologies média, citées par le CRTC dans ses Rapports sur le marché des communications — Données ouvertes et diverses éditions du Rapport de surveillance des communications.

Voyons quelle part de la population a été séduite par chacun de ces moyens alternatifs d’écoute.

À l’échelle du Canada, un francophone sur quatre écoute la radio traditionnelle AM/FM en mode continu (par Internet) sur une base mensuelle. La proportion est plutôt de deux sur dix en ce qui concerne les balados, parmi lesquels on trouve bon nombre de productions qui ne sont pas diffusées autrement. Les anglophones canadiens ont adopté la radio traditionnelle en ligne dans des proportions similaires aux francophones mais sont plus nombreux à consulter des balados (35 %). Cette dernière pratique progresse chez les deux groupes alors que l’écoute de la radio en continu semble avoir atteint un plateau. Soulignons que Québecor exploite une radio qui n’est accessible que par Internet. QUB propose des contenus originaux de même que des rediffusions audio d’émissions d’information du réseau télé TVA.

4. Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et + ayant écouté en continu la radio traditionnelle en ligne*, de 2010 à 2020

* Au cours du dernier mois.
Source : Données de l’Observateur des technologies médias, rapportées dans diverses éditions du Rapport de surveillance des communications du CRTC et dans les Rapports sur le marché des communications — Données ouvertes.

5. Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et + ayant écouté de la baladodiffusion audio*, de 2010 à 2020

* Au cours du dernier mois.
Source : Données de l’Observateur des technologies médias, rapportées dans diverses éditions du Rapport de surveillance des communications du CRTC et dans les Rapports sur le marché des communications — Données ouvertes.

Les services musicaux personnalisés comme Spotify, Amazon Music, Apple Music et autres YouTube Music accaparent aussi une partie du temps qui était auparavant consacré aux radios conventionnelles. La pratique a été adoptée par plus de quatre Canadiens sur dix (45 %), mais elle est moins répandue chez les francophones (39 %). Le recours à de tels services semble encore en expansion.

6. Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et + ayant écouté des services sonores personnalisés*, de 2011 à 2020

* Au cours du dernier mois.
Source : Données de l’Observateur des technologies médias, rapportées dans diverses éditions du Rapport de surveillance des communications du CRTC et dans les Rapports sur le marché des communications — Données ouvertes.

Enfin, la radio par satellite fait pareillement concurrence aux services conventionnels. Un francophone sur vingt (4 %) l’écoute sur une base mensuelle. C’est le double au sein des anglophones. Ces proportions sont plutôt stables. 

7. Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et + ayant écouté la radio par satellite*, de 2017 à 2020

* Au cours du dernier mois. Source : Données de l’Observateur des technologies médias, rapportées par le CRTC dans les Rapports sur le marché des communications — Données ouvertes (décembre 2021).

Mise à jour : février 2022

Notes

[1]. Automne 2021. Période du 12 mars au 31 juillet 2021. Méthode des cahiers d’écoute.

[2]. Automne 2019. Période du 26 août au 20 octobre 2019. Méthode des cahiers d’écoute. Ce type de données n’est plus compilé.

[3]. L’organisme procède aussi sur une base annuelle à quatre enquêtes par audiométrie pour le marché de Montréal. Chacune porte sur une période de treize semaines. Cependant, la méthode des cahiers d’écoute est la seule qui permette de poser un regard sur l’ensemble du Québec.

[4]. Jusque-là, l’organisme menait trois sondages par année, au printemps, à l’été et à l’automne. Chaque enquête portait sur huit semaines et faisait l’objet d’une publication. Devant la difficulté d’obtenir la collaboration d’un nombre suffisant de ménages et l’augmentation des coûts qui en découle, l’organisation mesure dorénavant l’écoute en continu, c’est-à-dire une semaine sur deux à l’exception de la période des Fêtes, soit 24 semaines par année. Il y a deux publications, au printemps et à l’automne, et chacune témoigne des résultats des 24 semaines les plus récentes. On ne peut en extraire des données pour des semaines particulières ni pour un marché donné.

[5]. Automne 2020. Période du 18 octobre 2019 au 27 juillet 2020. Méthode des cahiers d’écoute.

[6]. Automne 2021.

[7]. Numeris, Automne 2021, Montréal francophone, méthode de l’audimétrie.

[8]. Numeris, Automne 2021, Québec, méthode des cahiers d’écoute.

[9]. Enquête 2021 du Reuters Institute for the Study of Journalism et du Centre d’études sur les médias. Échantillon de 1001 francophones dont 95 % résident au Québec. Sondage en ligne auprès d’internautes ayant affirmé avoir eu accès aux nouvelles au cours du mois précédent.

[10]. Cela inclut l’écoute en continu de stations de radio traditionnelles.